COTE
s. f.
- (L'O est bref.) Chacune des marques alphabétiques ou numérales dont on se sert pour classer les pièces d'un procès, d'un inventaire, etc. Ces pièces sont sous la cote A, sous la cote B. La cote trois. La cote quatre.
- COTE, en termes de Finance et de Bourse, Indication du taux des effets publics, du change, etc.
- Il signifie aussi, Quote-part. Payer sa cote. Sa cote s'élève à tant.
- Cote mal taillée, Arrêté de compte en gros, sans égard à ce qui peut appartenir rigoureusement à chacun. Vous avez des prétentions les uns contre les autres ; il faut faire de tout cela une cote mal taillée.
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CÔTE
s. f.
- Os courbé et plat qui s'étend depuis l'épine du dos jusqu'à la poitrine. Il a une côte froissée. Il s'est cassé une côte. Dieu forma Ève d'une côte d'Adam. Côte de boeuf, de cheval, de baleine.
- Vraies côtes, Celles d'en haut, qui aboutissent au sternum ; et Fausses côtes, Celles d'en bas, qui n'aboutissent point au sternum.
- Fam., On lui compterait les côtes, se dit D'une personne ou d'un animal extrêmement maigre.
- Fig. et pop., Mesurer les côtes à quelqu'un, Le battre à coups de bâton, de plat d'épée, de nerf de boeuf, ou de quelque chose qui plie en frappant. Rompre les côtes à quelqu'un, Le battre à outrance.
- Prov. et fig., Serrer les côtes à quelqu'un, Le presser vivement, le poursuivre avec chaleur, pour l'obliger à faire quelque chose. Il ne voulait pas payer, on lui a si bien serré les côtes, que...
- Côte à côte, À côté l'un de l'autre. Ils allaient côte à côte. Ils marchaient, ils étaient côte à côte. On dit de même, Côte à côte d'un tel.
- CÔTE, signifie aussi figurément, dans quelques phrases, Ligne, extraction. Nous sommes tous de la côte d'Adam.
- Prov. et fig., Il s'imagine être de la côte de saint Louis, se dit D'un homme qui se pique mal à propos d'une haute naissance. On le connaît, il n'est pas de la côte de saint Louis.
- CÔTE, se dit, par analogie, de Plusieurs choses qui ont quelque ressemblance avec les côtes des animaux. Côte de melon, de citrouille, etc. Pomme de reinette à côtes. Côte de luth.
- Les côtes d'un bâtiment, d'un navire, Les pièces qui sont jointes à la quille, et qui montent jusqu'au plat-bord.
- La côte d'une feuille, La grosse nervure du milieu, qui est formée par le prolongement du pétiole. Les insectes ont tellement rongé cette feuille, qu'il n'en reste plus que la côte.
- CÔTE, se dit de même, en Architecture, Des saillies qui divisent et ornent la surface concave d'une voûte sphérique, ou la surface convexe d'un dôme. Côtes de coupole. Côtes de dôme.
- Il se dit également Des listels qui séparent les cannelures d'une colonne.
- CÔTE, signifie aussi, Le penchant d'une montagne, d'une colline. Belle côte. Côte fertile, agréable. Côte rude. Une côte bien roide. Côte de vignobles. Côte plantée de vignes, de bois. Côte de tel endroit, de telle montagne. Le long de la côte. Sur la côte. Sur le haut de la côte. Au bas de la côte.
- À mi-côte, Vers le milieu du penchant d'une côte. Une maison bâtie à mi-côte.
- CÔTE, se dit en outre Des rivages de la mer. Côte basse, escarpée. La côte est inabordable. La côte ou les côtes de France, d'Angleterre, etc. La France a plus de cinq cents lieues de côtes. Les côtes de l'Océan, de la Méditerranée, etc. Donner à la côte. Se briser à la côte. Se perdre sur une côte. Le vent le poussa, le jeta à la côte, sur la côte. Ce bâtiment est échoué sur la côte, est à la côte. Il rasait la côte. Ranger la côte. Ils découvrirent la côte. Les matelots crièrent côte. On alluma des feux le long des côtes. Des batteries qui défendent la côte. Les habitants des côtes. Toutes les côtes étaient en armes.
- Il se dit quelquefois, par extension, Des approches de la terre, jusqu'à une certaine distance au large. Côte pleine d'écueils, pleine de bancs. Côte dangereuse. L'armée navale parut à la côte, sur la côte, sur nos côtes. Les pirates qui couraient nos côtes. Nettoyer les côtes des corsaires dont elles sont infestées.
- En termes de Marine, Faire côte, Faire naufrage sur le bord d'une terre. Ce navire a fait côte avant de pouvoir virer de bord.
- Gardes-côtes, Milice particulièrement chargée de la garde des côtes. Il se dit également de Vaisseaux armés pour défendre les côtes.
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CÔTÉ
s. m.
- La partie droite ou gauche de l'homme ou de l'animal, depuis l'aisselle jusqu'à la hanche. Côté droit. Côté gauche. Le côté lui fait mal. Il a un mal de côté, mal au côté, un point au côté, un point de côté. Il reçut un coup d'épée dans le côté. Il est blessé au côté. Se mettre les mains sur les côtés.
- Fam., Se tenir les côtés de rire, Rire démesurément.
- CÔTÉ, dans une signification plus étendue, se prend pour Toute la partie droite ou gauche de l'homme ou de l'animal. Il était perclus le tout le côté gauche. Il boite des deux côtés. Se coucher sur le côté. J'étais à son côté. Je vis qu'il marchait à son côté, à ses côtés. Il a l'épée au côté. Il porte l'épée au côté. Du côté de l'épée.
- Fam., Être sur le côté, Être blessé ou malade au point de ne pouvoir se remuer que très-difficilement. Le voilà sur le côté pour six mois. Il reçut une blessure, et il fut trois mois sur le côté. Cela signifie aussi, figurément, Être mal dans ses affaires, commencer à perdre de sa faveur, de son crédit. Ce négociant est sur le côté. Ce courtisan est menacé d'une disgrâce, il est déjà sur le côté.
- Jeter, mettre quelqu'un sur le côté, Le coucher, le renverser par terre, mort ou dangereusement blessé. Il lui donna un grand coup d'épée, et le jeta, le mit sur le côté.
- Fig. et fam., Mettre, faire passer quelque chose du côté de l'épée, Mettre quelque profit, quelques fonds à couvert, en réserve. On le dit plus ordinairement en mauvaise part. Il abandonna ses biens à ses créanciers, mais il mit quelque chose du côté de l'épée.
- CÔTÉ, se dit également en parlant Des choses, dans une acception analogue au second sens de ce mot. Les côtés d'une armoire, d'une commode, etc. S'asseoir à l'un des côtés de la cheminée. Il y a une fontaine de chaque côté de l'édifice. Il y avait des gardes de chaque côté de la voiture. Les côtés d'un chemin, d'une allée. On avait placé un tableau au-dessus de l'autel, et deux autres sur les côtés.
- Le côté de l'épître, le côté de l'évangile, Le côté droit, le côté gauche de l'autel.
- Le côté du roi, le côté de la reine, désignaient autrefois Le côté droit, le côté gauche du théâtre.
- En termes de Marine, Les côtés d'un vaisseau, d'un navire, Les flancs d'un vaisseau, d'un navire, à partir du plat-bord. Le côté de tribord, ou Le côté droit. Le côté de bâbord, ou Le côté gauche. Mettre le côté en travers. Mettre un navire sur le côté, pour le caréner, le radouber, etc. Le navire resta sur le côté jusqu'à la marée montante.
- Fig. et fam., Mettre un tonneau, une bouteille sur le côté, Les vider.
- Les bas côtés d'une église, Les nefs latérales, plus étroites et ordinairement moins élevées que la nef principale.
- Dans une Assemblée délibérante, Le côté droit, le côté gauche, Le côté de la salle qui est à la droite, qui est à la gauche du président. Siéger au côté droit. On désigne également par ces expressions Les membres de l'assemblée qui siégent à l'un ou à l'autre de ces côtés. Il a fait longtemps partie du côté droit, ou simplement, de la droite. Tout le côté gauche s'est levé, toute la gauche s'est levée contre la proposition.
- CÔTÉ, se dit aussi d'Une chose ou d'un lieu considérés par rapport à la chose ou au lieu qui se trouvent dans une situation directement opposée. Ce côté de la rivière est plus agréable que l'autre. Il est de l'autre côté du fleuve. De l'autre côté des Alpes. De ce côté des Pyrénées. De ce côté, de l'autre côté du détroit. Il est de l'autre côté du bois. Mettez-vous de l'autre côté de la table.
- Fam., De l'autre côté, Dans la pièce, dans la chambre voisine. Passons de l'autre côté. Mon fils est de l'autre côté.
- CÔTÉ, se dit encore Des divers pans, des différentes faces que présente un objet. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre cotés du monument. Les côtés d'une pyramide. Ce côté de la montagne est plus fertile que celui qui est exposé au nord. Le côté intérieur. Le côté extérieur. Le côté de devant. Le côté de derrière. Les deux côtés d'un tableau, d'une médaille, etc.
- Il se dit particulièrement en parlant Des étoffes. Le côté de l'envers. Le côté de l'endroit. Mettez cette étoffe du beau côté, du bon côté.
- Il se dit figurément, en parlant Des personnes et des choses. Il se fait toujours voir, il se montre par le beau côté, par le bon côté. Vous devriez regarder la chose par le bon, par le meilleur côté. Prendre une chose du bon côté, du mauvais côté. Il voit tout du beau côté. Il regarde tout par le mauvais côté. Ce n'est là qu'un côté de la question. On a tourné son affaire de tous les côtés. De quelque côté que vous considériez l'affaire.
- CÔTÉ, se dit également Des lignes qui forment le contour d'une chose. Les côtés d'une table. L'enceinte de cette ville a quatre côtés. Les trois côtés d'un triangle. Les côtés d'un carré, d'un polygone, etc.
- CÔTÉ, se dit, dans une acception encore plus étendue, pour Endroit, partie quelconque d'une chose. Attaquer la place du côté le plus faible. De ce côté-là. De ce côté-ci. On y peut entrer par deux côtés. On n'y peut aborder d'aucun côté. L'effroi se répand de tous côtés, de tout côté. Ils arrivaient de tous côtés, de deux côtés opposés. Quelqu'un vient de ce côté. Ils s'en sont allés chacun de leur côté, chacun de son côté. Tirez ce bout-là de votre côté, je tirerai celui-ci du mien. Nous ferons route ensemble, je vais de votre côté. Il y a longtemps qu'il n'est venu de ce côté-ci, qu'il n'est venu de nos côtés. Il demeure du côté de la porte Saint-Denis. Il va toujours de côté et d'autre, pour apprendre des nouvelles. Pencher tantôt d'un côté, tantôt de l'autre. Mettez-vous du côté du feu. De quel côté vient l'orage, le vent ? Le vent s'est tourné du côté du midi, du nord, etc. Un cri s'éleva du côté des ennemis.
- Prov. et fig., Regarder, voir de quel côté vient le vent, S'amuser à regarder dehors sans aucun dessein, et comme un homme oisif. Il signifie aussi, Observer le cours des affaires et les diverses conjonctures, pour régler sa conduite suivant ce que l'on découvre. Il ne se prend guère qu'en mauvaise part.
- Fig. et fam., Ne savoir plus de quel côté tourner, Ne savoir plus que faire, que devenir, n'avoir plus de ressource.
- Fig., Le côté faible d'une chose, Ce qu'elle a de défectueux. Voilà le côté faible de cette institution. Ce système a bien des côtés faibles. On dit aussi, Le côté faible d'une personne, Le défaut habituel, la passion dominante d'une personne ; ou Ce qu'une personne sait le moins, par comparaison à ses autres connaissances. Vous l'avez attaqué par son côté faible. Je connais, j'ai trouvé son côté faible. Il a fait de bonnes études, mais le grec est son côté faible.
- CÔTÉ, dans le sens qui précède, se dit très-souvent au figuré. Faites les dispositions que je vous indique ; je vais, de mon côté, prendre telle et telle mesure. De tous côtés il m'arrive des plaintes contre cet homme. Tout le fort est de votre côté. Du côté de la fortune, vous n'avez certainement rien à désirer. Quand, d'un côté, je considère leur puissance, et, de autre, ma faiblesse, je ne puis m'empêcher de craindre. Sous ce rapport, il peut paraître excusable ; mais nous trouvons, d'un autre côté, bien des raisons qui le condamnent. De ce côté-là, vous pouvez être parfaitement tranquille. Je n'ai rien à craindre de ce côté.
- CÔTÉ, signifie encore, Parti. Le côté du roi. Le côté des ennemis. C'est le côté le plus juste. Le bon côté. Il a Dieu de son côté. Il se rangea, il se mit de tel côté. Il se met du côté du plus fort. Tous ceux qui étaient de son côté. De quel côté êtes-vous ? Je suis du côté de la justice, de la raison. Je ne suis ni pour un côté ni pour l'autre, ni d'un côté ni d'un autre, d'aucun côté. Il a les rieurs de son côté. Mettre les rieurs de son côté.
- CÔTÉ, signifie également, Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père, du côté de la mère. Il était mon cousin du côté de sa grand'mère maternelle. Le côté paternel. Le côté maternel. Il est de son côté et ligne. Un propre de côté et ligne.
- Être du côté gauche, Être bâtard.
- À CÔTÉ. loc. prépositive, Au côté, à droite ou à gauche, et auprès. Se mettre à côté de quelqu'un. Ma maison est à côté de la sienne. Je demeure à côté de monsieur un tel. À côté du village, à côté du but. Au sens moral, Mettre le trivial à côté du sublime. Il est aussi locution adverbiale. Marcher à côté. Être à côté. N'allez pas tout droit, prenez un peu à côté. Le coup passa à côté.
- Il s'emploie dans certaines phrases figurées, pour marquer l'égalité de mérite, de naissance, etc. Dans la satire, Boileau marche à côté d'Horace et de Juvénal. Mettre un artiste, un écrivain, etc., à côté d'un autre. Pour la profondeur et la concision, on peut mettre cet écrivain à côté de Tacite.
- Fig., Passer à côté d'une difficulté, d'une question, Ne pas la résoudre, l'éluder. Être à côté de la question, Ne pas bien saisir la question, ou s'en écarter.
- Donner à côté, S'éloigner du but. Il se dit au propre et au figuré. En tirant, il a donné à côté. Il s'est trompé dans cette affaire, il a donné à côté.
- DE CÔTÉ. loc. adv. De biais, de travers, obliquement. Il regarde de côté. Il marche de côté. Il va de côté. Sa perruque est de côté. Il faut vous tourner un peu plus de côté. Sa maison n'a qu'une vue de côté.
- Fig., Regarder de côté, Regarder avec dédain, ou ressentiment, ou embarras. Je ne sais ce que je lui ai fait, mais il me regarde de côté.
- Mettre, ranger une chose de côté, La mettre à droite ou à gauche, pour que l'espace qu'elle occupait soit libre. Mettez ce fauteuil de côté, il gêne le passage. On dit dans ce sens, avec le pronom personnel, Se mettre, se ranger de côté. Quand je le vis paraître, je me mis respectueusement de côté.
- Mettre une chose de côté, signifie aussi, La mettre en réserve. C'est un homme d'une grande économie, et qui met tous les ans quelque chose de côté. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il signifie encore figurément, Ne pas parler d'une chose. Je mets de côté tous les reproches que j'aurais à vous faire.
- Mettre, laisser une chose, une personne de côté, Abandonner, au moins pour un temps, une chose, une personne, négliger de s'en occuper. J'ai laissé mon procès de côté pour venir ici. Peut-on laisser de côté un si bon officier ?
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