COUR
s. f.
- Espace découvert qui dépend d'une maison, d'un hôtel, etc., et qui est environné de murs ou de bâtiments. Grande cour. Cour d'entrée. Cour principale. Petite cour. Avant-cour. Cour de devant. Cour de derrière. Cour pavée, sablée, gazonnée. Cour de cuisine. Cour carrée. Cour en ovale. Cour ovale. Maison bâtie entre cour et jardin. Cour à fumier. Cour où les voitures tournent. Toute la cour était pleine de voitures.
- Cour d'honneur, La principale cour d'un château, d'un palais.
- Basse-cour, Cour d'une ferme, d'une maison de campagne, où l'on nourrit la volaille, où sont les étables, etc. Une grande, une belle basse-cour. Servante de basse-cour. Chien de basse-cour. On le dit aussi, dans les grandes maisons de ville, d'Une cour séparée de la cour principale, et destinée pour les écuries, les équipages, etc.
- Fig. et fam., Nouvelles de la basse-cour, de basse-cour, Bruits populaires, nouvelles fausses, ridicules.
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COUR
s. f.
- Les principaux personnages, les officiers qui accompagnent ordinairement un roi, un souverain, qui sont ordinairement auprès de lui. Cour royale. Cour impériale. La cour du roi, de l'empereur, du pape. Belle cour. Grande cour. Petite cour. Cour galante, brillante, splendide, magnifique. La vieille cour. Le roi tient sa cour en tel endroit. La cour est partie, demeure, va, etc. Le roi et toute sa cour. Avoir une charge à la cour. Vieillir à la cour. Quitter la cour. Se retirer de la cour. La cour et la ville. Vivre loin des cours. C'est la fleur, c'est l'ornement de la cour. Les usages de la cour. Intrigues de cour. Faire fortune à la cour. Il est fort connu à la cour. Il s'est avancé à la cour. Les marchands suivant la cour.
- Cour plénière, Assemblée solennelle que nos rois tenaient le jour de quelque grande fête, ou lorsqu'ils voulaient faire un magnifique tournoi. Le roi tint cour plénière le jour de Noël. Il y eut alors cour plénière.
- Fig. et fam., Avoir, tenir cour plénière, Avoir chez soi plus de monde, plus grande compagnie qu'à l'ordinaire. Vous avez, vous tenez aujourd'hui cour plénière.
- Prov. et fig., C'est la cour du roi Pétaud, se dit D'un lieu, d'une maison où chacun veut commander, et où il n'y a que de la confusion. Il se dit aussi D'une réunion où tout le monde veut parler à la fois.
- COUR, se prend quelquefois pour La suite d'un grand seigneur, d'un prince, quoiqu'il ne soit pas prince souverain. Un tel est de la cour de tel prince, etc. La cour de l'électeur, du margrave, du grand duc de... Les petites cours ont leurs intrigues aussi bien que les grandes.
- Il se dit, figurément, en parlant D'une personne qui est entourée de gens empressés à lui plaire. Les amants de cette femme lui forment une cour nombreuse. Depuis qu'il est en place, il a une petite cour.
- COUR, se prend aussi pour Le lieu où est le souverain avec sa suite. Il a écrit, dépêché à la cour. Adressez vos lettres à la cour.
- Avoir bouche à cour ou bouche en cour, Avoir droit de manger à quelqu'une des tables entretenues par le roi, par le prince. Il avait de gros appointements et bouche à cour.
- COUR, se prend encore plus particulièrement pour Le souverain et son conseil. Recevoir un ordre de la cour. Il lui a été dépêché un ordre de la cour. La cour lui a envoyé un courrier. La cour ne veut pas que... Il a peur de choquer la cour. Il dépend entièrement de la cour. Il s'est dévoué à la cour. Il est bien, il est mal à la cour, en cour. Il se maintient bien à la cour.
- Il signifie quelquefois, Le gouvernement, le cabinet du prince, considéré par rapport à la politique extérieure. La cour de France. La cour d'Espagne. La cour de Rome. Ces trois cours ont résolu de...
- COUR, se dit aussi pour L'air, le ton de la cour, la manière de vivre de la cour. Il entend, il sait bien sa cour. C'est un homme de la vieille cour. On dit de même : L'air, l'esprit, le ton de la cour. Esprit de cour. Etc.
- Un homme, un seigneur de la cour, une dame de la cour, les gens de la cour, se dit de Ceux qui suivent la cour, et qui vivent à la manière de la cour.
- Homme de cour, Celui qui a les manières, le ton, les habitudes que l'on prend à la cour. On le dit quelquefois en mauvaise part. Un abbé de cour.
- Prov., Être effronté comme un page de cour, Être hardi jusqu'à l'impudence.
- Prov. et fig., De l'eau bénite de cour, De vaines promesses, de vaines protestations de service et d'amitié, telles qu'en font ordinairement les gens de cour. Ne comptez pas sur tout ce qu'il vous a promis, c'est de l'eau bénite de cour, c'est eau bénite de cour. Donner de l'eau bénite de cour.
- Ami de cour, Celui qui n'a que de fausses apparences d'amitié.
- COUR, se dit, par extension, Des respects qu'on rend à une personne, des assiduités qu'on a auprès d'elle, dans la vue de lui plaire, d'obtenir sa bienveillance, etc. Faire sa cour au roi. Faire la cour aux grands. Il fait la cour à ses juges. J'ai passé toute la matinée chez le prince, je lui ai fait ma cour tout à loisir. C'est mal faire sa cour que de porter de mauvaises nouvelles. Il y a longtemps qu'il fait la cour à cette demoiselle, à cette veuve, on croit qu'il l'épousera. Fam., Faire un doigt de cour à quelqu'un.
- Faire la cour de quelqu'un, Lui rendre de bons offices auprès de quelqu'un. Vous avez besoin d'un tel, je lui ai bien fait votre cour.
- Faire sa cour d'une chose auprès de quelqu'un, Se rendre agréable à quelqu'un en lui disant une chose dont il est bien aise qu'on l'informe. Je conviens que j'ai dit cela sur le compte d'un tel ; vous pouvez en faire votre cour auprès de lui, si cela vous plaît, vous pouvez en faire votre cour.
- Faire sa cour aux dépens de quelqu'un, Chercher à plaire, à se faire bien venir, en disant du mal de quelqu'un.
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COUR
s. f.
- Siége de justice où l'on plaide. Dans l'ancienne organisation judiciaire, il se disait de la plupart des tribunaux. Cour ecclésiastique. Cour laïque. Cela fut jugé en cour d'Église. Cour supérieure. Cour souveraine. Cour subalterne. Cour de parlement. Cour présidiale. Cour des aides. Cour des monnaies. Cour prévôtale, etc. On ne le dit maintenant que des tribunaux supérieurs. La cour de cassation. Cour royale ou d'appel. Cour d'assises. Cour de justice criminelle. La cour des comptes. Arrêt de la cour de cassation. Avocat à la cour royale de Paris. La jurisprudence de la cour est constante à cet égard. Son appel a été porté à la cour royale de... La cour, par son arrêt du... a confirmé le jugement. La cour s'est réunie, est entrée en séance à telle heure. Conseiller à la cour de cassation, à la cour des comptes, à la cour royale de... Les membres d'une cour. Il fait partie de la cour. Prêter serment devant la cour. Il a été condamné, par la cour d'assises de tel département, à... La cour s'était réunie à la majorité des jurés.
- La cour suprême, se dit quelquefois de La cour de cassation.
- La cour des pairs, La chambre des pairs constituée en haute cour de justice, pour connaître d'un crime d'État.
- Mettre hors de cour, mettre hors de cour et de procès, Renvoyer les parties, ou une des parties, comme n'y ayant pas lieu de prononcer juridiquement. On mit les parties hors de cour. On a statué sur plusieurs chefs de demandes ; sur le surplus, les parties ont été mises hors de cour et de procès.
- Autrefois, en matière criminelle, la locution Hors de cour, signifiait qu'Il n'y avait pas assez de preuves pour asseoir une condamnation.
- Substant., Un hors de cour, Un jugement qui met hors de cour. Prononcer un hors de cour.
- COUR, se dit quelquefois Du lieu où siége une cour de justice. Je vais à la cour royale, à la cour de cassation, etc.
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