GUEUX
EUSE. adj.
- Indigent, nécessiteux, qui est réduit à mendier. Ces gens-là sont si gueux, qu'ils n'ont point de pain. C'est une famille fort gueuse. Il est familier, et il marque plus de mépris que de pitié.
- Prov., Être gueux comme un peintre, être gueux comme un rat d'église, comme un rat, Être fort pauvre.
- Fig., en Archit., Cette corniche est gueuse, Elle est trop dénuée d'ornements.
- GUEUX, se dit, particulièrement, D'une personne qui n'a pas de quoi vivre selon son état, selon ses désirs. Pour un homme de sa condition, il est bien gueux. C'est un gentilhomme fort gueux. Tel est riche avec un petit revenu, tel est gueux avec des monceaux d'or. On dit dans un sens analogue, Cet homme a un équipage bien gueux, fort gueux.
- Prov., Un avare est toujours gueux, Un avare se refuse jusqu'au nécessaire.
- GUEUX, est aussi substantif et se dit de Celui qui demande l'aumône, qui fait le métier de quémander. C'est un vrai gueux, un gueux fieffé, un gueux de profession. Mener une vie de gueux.
- Fam., C'est un gueux revêtu, se dit D'un homme de rien qui a fait fortune, et qui en est devenu arrogant.
- GUEUX, substantif, signifie quelquefois, Coquin, fripon. Ne vous fiez pas à cet homme-là, c'est un gueux.
- GUEUSE, substantif féminin, a vieilli dans le sens de Mendiante ; mais il se dit quelquefois, bassement, d'Une femme de mauvaise vie. C'est une gueuse, une vieille gueuse.
- T. de Botan. Plante parasite qui naît sur les branches de certains arbres, du poirier, de l'aubépine, du chêne, etc. Les Gaulois faisaient grand cas du gui de chêne, ils cueillaient le gui de chêne avec beaucoup de cérémonies. Les feuilles du gui de chêne ont été préconisées comme antispasmodiques. Un chapelet de gui de chêne. Le gui donne de la glu.
- Petite porte pratiquée dans une grande. Il n'est guère usité qu'en parlant Des petites portes d'une ville, d'une forteresse, d'un château, d'une prison. La porte de la ville est fermée, mais le guichet est ouvert. Le guichet d'une prison. Les gendarmes le prirent et lui firent passer le guichet. On l'amena entre les deux guichets pour traiter d'accommodement avec son
- Fig. et fam., Être pris au guichet, Être pris au moment où l'on allait s'évader.
- À Paris, Les guichets du Louvre, Les portes qui servent de passage aux voitures et aux gens de pied sous la galerie.
- GUICHET, se dit encore Des portes d'une armoire, d'un buffet. Armoire à quatre guichets, à six guichets. Dans ce sens, il vieillit, et ne s'emploie guère qu'en parlant d'armoires à l'ancienne mode.
- Il se dit aussi d'Une petite ouverture ou fenêtre pratiquée dans une porte, et par laquelle on peut parler à quelqu'un ou lui faire passer quelque chose, sans être obligé d'ouvrir la porte. Il vint me parler au guichet. On fait passer la nourriture à ce prisonnier par un guichet. Un guichet grillé. Ouvrir, fermer le guichet.
- Valet de geôlier, qui ouvre et ferme les guichets, et qui a soin d'empêcher que les prisonniers ne s'évadent. Les guichetiers de la Conciergerie, de la Force, etc.
- Celui ou celle qui conduit une personne, et l'accompagne pour lui montrer le chemin. Bon, fidèle, sûr guide. Avoir un guide. Prendre un guide. Servir de guide. Elle voulut être mon guide.
- Payer les guides, payer les guides doubles, Payer au postillon le droit prescrit pour chaque poste, ou le double de ce droit.
- GUIDE, se dit particulièrement, en termes de Guerre, Des personnes du pays qui connaissent les routes et dirigent la marche des détachements. On avait autrefois organisé des guides de cette espèce en compagnies. Compagnie de guides. Capitaine des guides.
- Dans les dernières guerres, on a appelé Guides, Des compagnies ou des escadrons qui étaient comme les gardes du corps d'un général en chef.
- GUIDES, se dit aussi, en termes de Théorie, Des hommes d'une troupe sur lesquels tous les autres doivent régler leurs mouvements dans les évolutions. Guides généraux. Le guide d'un peloton. Guide à droite, à gauche.
- GUIDE, signifie figurément, Celui ou celle qui donne des instructions pour la conduite de la vie, ou pour celle d'une affaire. Ce jeune homme a besoin d'un guide pour sa conduite et pour ses affaires. Il fut le guide et le protecteur de ma jeunesse. Une jeune fille ne peut avoir de meilleur guide que sa mère.
- Il se dit également de Tout ce qui dirige ou inspire quelqu'un dans ses travaux, dans ses études, dans ses actions, etc. Ce manuel est un bon guide pour ceux qui ont peu de pratique. Cet auteur est un guide sûr. Il n'avait, dans ses recherches, d'autre guide que les renseignements incomplets donnés par tel auteur. Prendre la sagesse pour guide. La loi seule est mon guide. Ne prendre que sa haine, que sa fureur pour guide. La passion est un guide bien dangereux.
- Il sert aussi de titre à Divers ouvrages qui renferment des conseils sur la manière d'accomplir certains devoirs, des instructions sur un art, des renseignements sur un pays, etc. Le Guide des mères. Le Guide de l'arpenteur. Le Guide du voyageur en Suisse. Le Guide de l'étranger à Paris. Anciennement, on le faisait féminin dans ce sens. La Guide des pécheurs. La Guide des chemins.
- Lanière de cuir, espèce de rêne qu'on attache à la bride d'un cheval attelé à une voiture, à un chariot, et qui sert à conduire le cheval. La guide du côté droit de ce cheval s'est rompue. Les guides lui échappèrent de la main. Petites guides. Grandes guides. Conduire à grandes guides.
- Petit livre qui contient l'ordre des fêtes, et celui des offices relatifs à chaque fête.
- Il se dit aussi de Tout ce qui contient des instructions, des règles propres à guider dans un travail, dans l'exercice d'un art, d'une profession, etc. Il a peu de pratique, il lui faut un guide-âne. Ce mot est familier.
Liens connexes :
DicoPlus