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Définition(s) du mot Hommagé

ÉE. adj.
  T. de Jurispr. féodale. Qui est tenu en hommage. Terre hommagée.
  T. de Jurispr. féodale. Celui qui doit l'hommage. On dit aussi, adjectivement, Vassal hommager.
  Il ne se dit qu'en parlant D'une femme dont les traits, le son de voix, la taille, tiennent plus de l'homme que de la femme. Elle a le visage hommasse, la taille hommasse. Elle est hommasse. On le prend toujours en mauvaise part.
  Animal raisonnable, être formé d'un corps et d'une âme. Dans ce sens, il se dit en parlant De l'un et de l'autre sexe, et on l'emploie souvent au singulier pour désigner L'espèce humaine en général. Dieu créa l'homme à son image. Le corps de l'homme. L'homme est sujet à beaucoup d'infirmités. Les diverses races d'hommes. Tous les hommes sont égaux devant Dieu. La condition de l'homme ici-bas. Tous les hommes sont sujets à la mort. Tous les hommes ont été rachetés par JÉSUS-CHRIST. Attester quelque chose devant Dieu et devant les hommes. Fuir la société des hommes. Vivre loin des hommes. Faire du bien aux hommes. Son souvenir vivra longtemps dans la mémoire des hommes. De mémoire d'homme, on n'avait vu pareille chose. Connaître, étudier les hommes. Connaître l'homme, le coeur de l'homme. Les hommes du Nord. Les hommes du Midi. Les hommes de notre siècle. On le dit souvent de JÉSUS-CHRIST, par allusion au mystère de l'Incarnation. Le Fils de Dieu s'est fait homme. Il s'appelle lui-même, dans l'Évangile, le Fils de l'homme. Il est aussi appelé l'Homme de douleur. Il est vrai Dieu et vrai homme. Il est Homme-Dieu.
  Les hommes de couleur, Les mulâtres, les hommes provenant du mélange de la race blanche et de la race noire.
  Prov., L'homme propose et Dieu dispose, Les desseins des hommes ne réussissent qu'autant qu'il plaît à Dieu ; souvent nos entreprises tournent d'une manière opposée à nos vues et à nos espérances.
  Fam., Il n'y a tête d'homme qui ose entreprendre de faire telle chose, Il n'y a aucun homme assez hardi pour... On dit dans le même sens, Homme vivant, homme qui vive n'oserait, etc.
  Prov., Tout homme est menteur.
  Dans le style de l'Écriture, Les enfants des hommes, Les hommes : cela se dit principalement de Ceux qui vivent dans l'iniquité.
  Dans le style mystique, Dépouiller le vieil homme, se dépouiller du vieil homme, signifie, Se défaire des inclinations de la nature corrompue ; et, dans le langage familier, Renoncer à ses vieilles habitudes.
  HOMME, se dit souvent par rapport aux sentiments, aux passions, aux vicissitudes, aux infirmités qui sont communes à tous les hommes, inhérentes à leur nature. Avoir un coeur d'homme. Au milieu des grandeurs, il n'a point oublié qu'il est homme. Il est homme, et doit craindre les retours de la fortune. Ses douleurs lui rappelèrent qu'il était homme.
  Prov., Il y a toujours de l'homme, il se mêle toujours de l'homme dans nos actions, etc., Quelque sage qu'on soit, on montre toujours quelque faiblesse.
  Il entre bien de l'homme dans ce qu'il fait, dans ce qu'il dit, etc., s'emploie en parlant De celui qui, faisant profession de sagesse ou de piété, se livre néanmoins à des mouvements de passion ou d'intérêt.
  HOMME, se dit spécialement Du sexe masculin. Dieu a créé l'homme et la femme. Le premier homme. Il y avait autant d'hommes que de femmes. Dans ces assemblées, les femmes sont séparées des hommes. Elle fut séduite par cet homme. Elle ne veut épouser que l'homme de son choix. Je vis un homme s'introduire dans la maison. Arrêtez cet homme. Il a tant d'hommes sous ses ordres. Les hommes qui composent une troupe, un régiment, etc. Faire manoeuvrer, exercer des hommes. Six hommes furent commandés pour ce service. Une compagnie de cent hommes. Une armée forte de cent mille hommes. Il y eut trois mille hommes de tués. Les hommes qui composent l'équipage d'un bâtiment. Il y a plusieurs hommes malades à bord de ce vaisseau. Homme maigre. Gros homme. Homme grand. Petit homme. Jeune homme. Homme marié. Homme veuf. Homme d'âge. Vieux homme. Méchant homme. Honnête homme. Digne homme. Homme sage. Homme franc, sincère, loyal. Homme brave. Homme sans foi, sans honneur, sans probité. Homme laborieux, entreprenant. Homme habile. Un homme tel que vous, tel que moi, etc.
  Fam., C'est un homme sans façon, se dit D'un homme aisé à vivre ; et aussi D'un homme qui ne se gêne pas assez avec les autres.
  En termes de Dévotion, C'est un homme fort intérieur, Très-recueilli. On dit aussi, L'homme intérieur, pour L'homme spirituel, par opposition à L'homme charnel.
  Fam., C'est un pauvre homme, un petit bout d'homme, un plaisant homme. Termes de raillerie et de mépris. Voyez PAUVRE, BOUT, ETC.
  Prov. et fig., C'est le roi des hommes, se dit D'un homme très-bienfaisant, très-obligeant.
  C'est un bon coeur d'homme, une bonne tête d'homme, une bonne pâte d'homme. Façons de parler familières dont on se sert pour louer quelqu'un de la bonté de son coeur, de la force de son esprit, de la facilité de son humeur.
  Bon homme, a deux sens fort différents. Dans l'un, il se dit, par éloge, d'Un homme d'esprit, plein de droiture, de candeur, d'affection. C'est un homme de mérite, et un très-bon homme. C'est un si bon homme ! La première qualité dans la société est d'être un bon homme. Dans l'autre sens, il se dit, par dérision, d'Un homme simple, peu avisé, qui se laisse dominer et tromper ; et alors les deux mots se réunissent ordinairement pour n'en former qu'un seul. C'est un bonhomme à qui l'on fait croire tout ce qu'on veut. Un bonhomme de mari.
  Un faux bonhomme, Celui qui, par finesse et pour son intérêt, affecte la bonté, la simplicité, le désintéressement. Ne vous fiez pas à son air patelin ; ce n'est qu'un faux bonhomme. On dit de même, Faire le bonhomme.
  Fam., Un bonhomme, signifie souvent, Un homme qui est déjà dans un âge avancé. Le bonhomme se porte encore bien. Un vieux bonhomme. Par familiarité et par hauteur, on dit quelquefois, Bonhomme, en parlant À un homme du peuple ou de la campagne, quel que soit son âge.
  Prov. et fig., Bonhomme, garde ta vache, se dit Pour avertir quelqu'un de prendre garde qu'on ne le trompe.
  Absol., Le bonhomme, se disait autrefois, parmi les gens de guerre, Des paysans en général. Vivre aux dépens du bonhomme.
  Un petit bonhomme, se dit quelquefois d'Un petit garçon. Ce petit bonhomme est bien turbulent.
  Fig. et fam., Aller son petit bonhomme de chemin, Vaquer à ses affaires, poursuivre ses entreprises tout doucement et sans éclat.
  Fam., Brave homme, se dit d'Un honnête homme, d'un homme bon, obligeant. C'est un brave homme. Vous êtes un brave homme d'être venu ici.
  Ce n'est pas être homme, C'est être barbare, c'est n'avoir nul sentiment d'humanité.
  Fig., Ce n'est pas un homme, c'est un ange, se dit D'un homme qui a une extrême douceur, une touchante et pieuse résignation, etc. On dit dans le sens contraire, Ce n'est pas un homme, c'est un diable.
  C'est le dernier des hommes, C'est le plus vil, le plus méprisable de tous les hommes.
  Prov., Tant vaut l'homme, tant vaut sa terre ou la terre, Les terres, les fonds de commerce, etc., rapportent en proportion de la capacité de celui qui les possède, de l'art de les faire valoir ; et, en général, Chacun réussit dans son état en proportion de sa capacité personnelle.
  Fig., Un grand homme, Un homme distingué par des qualités éminentes. Ainsi mourut ce grand homme. Les grands hommes de l'antiquité. Être mis au rang des grands hommes.
  Un homme nouveau, Celui qui a fait fortune, qui n'a pas de naissance ; le premier de sa race qui se fasse remarquer. Cicéron était un homme nouveau. On appelle aussi Nouvel homme ou Homme nouveau, Le chrétien régénéré par la grâce.
  Prov., Il y a grande différence d'homme à homme.
  Prov., Face d'homme porte vertu, La présence d'un homme sert bien à ses affaires.
  Prov., Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome, On ne se corrige pas de ses vices en voyageant.
  HOMME, joint à un substantif par la préposition de, sert à marquer la profession, l'état ou les qualités bonnes ou mauvaises d'un homme. Homme de guerre. Homme d'épée. Homme d'Église. Homme de robe. Homme de lettres. Homme de métier. Homme de journée. Homme de peine. Grand homme de guerre. Homme de mer. Homme de bien. Homme d'honneur. Homme de courage. Homme d'esprit. Homme de talent. Homme de génie. Homme de goût. Homme de tête. Homme de coeur. Homme d'ordre. Homme de savoir. Homme de qualité. Homme de naissance, de grande naissance. Homme de basse extraction. Homme de néant. Homme de rien. Homme de peu. Homme d'État. Homme de parti. Homme de poids. Homme de probité. Homme de parole. Homme de main. Homme d'exécution. Homme de résolution. Homme d'accommodement. Homme d'expédient. Un homme de bonne volonté. Un homme d'une force prodigieuse. C'est un homme d'une grande sagesse, d'une prudence consommée, d'un talent supérieur. C'est un homme de bon conseil. Un homme de votre rang devrait ne donner que de bons exemples. Un homme de la plus basse classe. Un homme du commun.
  Homme du jour, Homme à la mode.
  Homme du vieux temps, du temps passé, Homme qui conserve les manières, les moeurs anciennes.
  Homme du monde, Homme qui vit dans le grand monde. Il se dit quelquefois par opposition Aux savants, aux artistes, etc. Le savant et l'homme du monde liront cet ouvrage avec plaisir.
 Un homme de sac et de corde, Un scélérat, un filou, un mauvais garnement.
  Homme de pied, Fantassin. Deux mille hommes de pied. Six mille hommes de pied.
  Hommes de recrue, Soldats de nouvelle levée.
  Homme d'armes, se disait anciennement d'Un cavalier armé de toutes pièces.
  C'est un bon homme de cheval, un bel homme de cheval, Il manie bien un cheval, il a bonne grâce à cheval.
  Fig. et fam., Cela sent son homme de qualité, Cela marque un homme de qualité, c'est une chose digne d'un homme de qualité.
  D'homme d'honneur, en homme d'honneur. Façons de parler dont on se sert en affirmant quelque chose.
  C'est un homme de Dieu, tout de Dieu, tout en Dieu, se dit D'un homme fort pieux, fort dévot.
  Fig. et fam., Homme de paille, Homme de néant, de nulle considération. Il se dit plus particulièrement de Ces gens qui prêtent leur nom, et qu'on fait intervenir dans une affaire, quoiqu'ils n'y aient point de véritable intérêt. C'est lui qui a signé le marché pour cette fourniture, mais il n'est qu'un homme de paille.
  Homme de chambre, se disait autrefois d'Un domestique employé au service de la chambre, et qu'on appelle aujourd'hui Valet de chambre.
  Homme d'affaires, se disait autrefois d'Un homme employé dans les affaires de finance et dans les fermes du roi. Il épousa la fille d'un homme d'affaires. On le dit maintenant d'Un agent d'affaires. J'ai confié le soin de mon procès à un homme d'affaires intelligent. Il se dit aussi d'Un homme qui a soin des affaires domestiques d'un grand seigneur, etc. Parlez à l'homme d'affaires d'un tel. Il lui envoya son homme d'affaires.
  Homme des bois. Nom donné vulgairement à l'orang-outang, et qu'on applique aussi à d'autres grands singes.
  Homme marin. Nom donné, par ignorance, à des phoques et à des lamentins.
  HOMME, joint avec un infinitif ou avec un substantif par la préposition à, sert ordinairement à marquer, en bien ou en mal, De quoi un homme est capable. Il n'est pas homme à souffrir, à endurer un affront. Il est homme à tout entreprendre, à tout faire, à tout hasarder. Il est homme à s'en venger.
  Fam., C'est un homme à tout, se dit D'un homme qui est propre à différents genres de travaux, de services. Ce domestique est fort intelligent ; c'est un homme à tout.
  HOMME, s'emploie, avec le même complément, pour marquer De quoi un homme est digne, soit en bien, soit en mal ; et alors au lieu de dire, Il est homme à, on dit plus ordinairement, C'est un homme à. Ainsi l'on dit : C'est un homme à noyer, à pendre. Un homme à nasardes, à étrivières. C'est un homme à parvenir aux premières places. C'est un homme à ménager, à employer.
  HOMME, avec les adjectifs possessifs, signifie souvent, Un homme propre et convenable à ce qu'on veut, l'homme dont on a affaire, un homme tel qu'il faut. C'est mon homme. Si vous pensez ainsi, vous n'êtes pas mon homme. Je ne suis pas leur homme. Je suis votre homme. On dit en ce sens, mais en plaisantant : Vous avez bien trouvé votre homme. Il a bien trouvé son homme.
  Il se dit également d'Hommes soumis aux ordres d'un autre, et plus particulièrement Des soldats et des hommes de peine. Rassemblez vos hommes. Il ne manque aucun de nos hommes. Je donne tant à mes hommes par jour. Envoyez-moi un de vos hommes.
  Il se dit aussi pour L'homme dont il s'agit, dont on parle. N'ayant pas trouvé son homme où il l'avait laissé... Mon homme était déjà parti. Notre homme ne se le fit pas répéter.
  Il se dit quelquefois, dans un sens analogue, en parlant De la manière dont certaines personnes traitent quelqu'un, dont certaines choses agissent sur quelqu'un. C'est un habile spadassin qui ne manque jamais son homme, qui vous a bientôt expédié son homme. Cette maladie emporte bientôt son homme.
  Il se dit, populairement, pour Mari. J'irai avec mon homme souper chez vous.
  HOMME, en Jurisprudence féodale, se dit pour Vassal. Le seigneur féodal pouvait, par faute d'homme, mettre en sa main le fief qui relevait de lui. On dit dansmême sens : Homme lige. Homme vivant, mourant et confiscant. Homme de mainmorte.
  Homme du roi, s'est dit autrefois de Celui qui avait quelque commission du roi, soit au dedans du royaume, pour assister à quelque assemblée, ou pour quelque autre fonction ; soit au dehors, auprès de quelque prince souverain. Il était l'homme du roi aux états de Languedoc. L'homme du roi à Gênes.
  Par extension, Il est l'homme d'un tel, Il est présenté, commis, délégué, rétribué par lui.
  HOMME, se dit absolument pour Homme de coeur, homme de fermeté. Se montrer homme. Il a montré qu'il était homme. Soyez homme. C'est un homme que cet homme-là.
  Par mépris, Ce n'est pas un homme, C'est un homme faible. Si vous agissez ainsi, vous n'êtes pas un homme.
  HOMME, se dit encore de Celui qui est parvenu à l'âge de virilité. Ce n'est encore qu'un enfant ; quand il sera homme... S'il vit âge d'homme. C'est un homme fait. Il se fait homme.
  N'être pas homme, Être impuissant, être incapable de procréer des enfants.
  T. d'Anat. Il se dit Des cercles qui ont un centre commun, et que l'on nomme aussi Concentriques.
  T. didactique. Qui est de même nature. Les parties homogènes. L'eau était regardée comme composée de parties homogènes.
  Il signifie quelquefois, Qui est formé de parties homogènes. Un tout homogène. Substance homogène.
  T. didactique. Qualité de ce qui est homogène.
  T. de Jurispr. Action d'homologuer. L'homologation d'un avis de parents. Poursuivre une homologation. Jugement d'homologation.
  T. de Géom. Il se dit Des côtés qui, dans des figures rectilignes semblables, se correspondent et sont opposés à des angles égaux. Dans les triangles semblables, les côtés homologues sont proportionnels.
  T. de Jurispr. Il se dit Du juge qui donne à un acte fait par des particuliers la force d'un acte fait en justice. Homologuer une sentence arbitrate, une transaction de mineurs, un avis de parents.
  HOMOLOGUÉ, ÉE.
  T. de Gram. Il se dit Des choses qui ont un même nom, quoiqu'elles soient de nature différente ; et plus ordinairement Des mots pareils qui expriment des choses différentes. Les différentes choses exprimées par le mot Canon sont homonymes. Mule, animal, et Mule, chaussure, Chêne et Chaîne, Sain et Sein, sont homonymes, sont des mots, des termes homonymes.
  Il se dit aussi substantivement, au masculin. Ce mot a pour homonyme tel autre mot. Dictionnaire des homonymes.
  Il se dit quelquefois Des personnes qui portent le même nom, sans être parentes. Il ne faut pas confondre cet auteur avec son homonyme.
  T. de Gram. Qualité de ce qui est homonyme. L'homonymie des termes.
  Concert de plusieurs voix qui chantent à l'unisson.
  (H s'aspire.) Sorte de jeu d'enfants. Voyez JONCHETS.
  (H s'aspire.) Châtré. Il ne se dit que Des chevaux. Un cheval hongre.
  Il s'emploie aussi substantivement. C'est un hongre. Il a deux beaux hongres. Un attelage de six hongres de même robe.
  (H s'aspire.) Châtrer. Il ne se dit qu'en parlant Des chevaux. Hongrer un cheval. Ce cheval est trop vicieux, il faut le hongrer.
  HONGRÉ, ÉE.
  (H s'aspire.) Ouvrier qui façonne le cuir appelé Cuir de Hongrie. Les tanneurs de Paris sont aussi hongroyeurs. On dit aussi, Hongrieur.
  Vertueux, conforme à la probité, à l'honneur et à la vertu. Âme honnête. Coeur honnête. C'est un honnête homme. Un très-honnête homme. Il ne hante que d'honnêtes gens. Cela n'est pas d'un honnête homme. Amour honnête. Honnête amitié. Honnête émulation. Conduite sage et honnête. Action louable et honnête. Ne tenir que des discours honnêtes. Plaisirs honnêtes. Pensées honnêtes. Il n'a sur cette fille que des vues honnêtes.
  Famille honnête, honnête famille, Famille à laquelle il n'y a rien à reprocher. C'est une famille honnête. Il est né d'une honnête famille. Il est d'honnête famille. On dit de même, Être né de parents honnêtes, etc. (Voyez plus bas un autre sens de la locution Famille honnête.)
  Honnête homme, outre sa signification principale et ordinaire, exprime aussi toutes les qualités sociales et agréables qu'un homme peut avoir dans la vie civile. Il faut bien des qualités pour faire un honnête homme. Cette acception a vieilli.
  Honnête homme, se dit quelquefois, par civilité, d'Un homme qu'on ne connaît pas, ou dont on ne dit pas le nom, et qui paraît d'une condition honorable. Le hasard m'a placé auprès d'un honnête homme. C'était un honnête homme qui me demandait. Il y a là-bas un honnête homme qui veut vous parler.
  Honnêtes gens, se dit dans tous les sens d'Honnête homme.
  Prov., Il y a des honnêtes gens, il y a d'honnêtes gens partout, Dans tous les pays, dans toutes les professions, on trouve des honnêtes gens.
  Fam., Honnête garçon, se dit proprement d'Un garçon bien né, bien élevé, dont les moeurs et les inclinations sont honnêtes et douces.
  Fam., Honnête débauché, se dit d'Un homme qui aime le plaisir, mais qui ne s'emporte point dans la débauche, et qui y garde des mesures. Ironiquement, Honnête fripon, honnête usurier, etc.
  Honnête femme, honnête fille, se dit proprement d'Une femme, d'une fille qui est irréprochable dans sa conduite, qui a toujours été chaste.
  HONNÊTE, signifie aussi, Conforme à la raison, bienséant, convenable à la profession et à l'âge des personnes. Il n'est pas honnête de se louer soi-même. Croyez-vous qu'il soit honnête d'en user de la sorte ? Cela n'est pas honnête à une personne de votre caractère, de votre profession, de votre âge. Ces paroles ne sont pas honnêtes dans la bouche d'une femme. Maintien honnête. Après avoir été longtemps dans le grand monde, il a fait une honnête retraite.
  Excuse honnête, prétexte, refus honnête, etc., Excuse, prétexte, refus plausible, spécieux, fondé sur quelque apparence de raison, de bienséance.
  Don, présent honnête, Qui convient à celui qui le fait et à celui qui le reçoit.
  Prix honnête, Prix convenable, proportionné à la juste valeur de la chose. On dit de même, Récompense honnête, traitement honnête, dédommagement honnête, etc.
  Longueur honnête, Longueur suffisante. Il faut que votre discours soit d'une longueur honnête. On dit en des sens analogues, Cela est d'une largeur honnête, d'une grosseur honnête, etc.
  Habit honnête, Habit convenable et bienséant à la condition et à l'âge de celui qui le porte. On dit en des sens analogues : Équipage honnête. Ce meuble n'est pas magnifique, mais il est honnête. Faire une dépense honnête. Etc.
  Cet habit est honnête, encore honnête, Il est encore bon pour être porté.
  Naissance honnête, condition honnête, Naissance qui n'a rien de bas ni de fort élevé. Il est d'une naissance, d'une condition honnête. On dit dans le même sens, Famille honnête.
  Honnête aisance, fortune honnête, Aisance, fortune qui permet de vivre agréablement, et avec une certaine indépendance. Il jouit d'une honnête aisance. Dix mille francs de rente sont une fortune honnête.
  HONNÊTE, signifie encore, Civil, poli. Il a l'air honnête, les manières honnêtes. Il lui a fait la réception du monde la plus honnête. Accueil honnête. Il lui a parlé d'une manière très-honnête. Le procédé est honnête, cependant il ne faut pas trop s'y fier. Dans ce sens, quand on le joint à un nom de personne, il se met toujours après. C'est un homme fort honnête. L'homme du monde le plus honnête. Il n'y a personne, il n'y a rien de si honnête que lui.
  HONNÊTE, se prend aussi substantivement, et on dit absolument L'honnête, pour Ce qui est moral, vertueux. L'honnête, l'utile et l'agréable. Préférer l'honnête à l'utile.
  D'une manière honnête. Il a toutes les significations de l'adjectif. Il faut vivre honnêtement avec tout le monde. Il l'a toujours aimée honnêtement. Elle s'est toujours conduite honnêtement. C'est un homme qui a toujours vécu fort honnêtement. Se divertir honnêtement. C'est un homme qui en use fort honnêtement. Il s'en est tiré honnêtement. Il est honnêtement meublé, honnêtement vêtu. Il l'a reçu fort honnêtement. Il lui a parlé le plus honnêtement du monde.
  Il signifie quelquefois, Suffisamment, passablement ; et par ironie, Beaucoup, extrêmement. C'est honnêtement vendu. Il en a honnêtement mangé. Elle est honnêtement laide. Il est honnêtement crotté.
  Conformité à l'honneur, à la probité, à la vertu. Des actions d'une grande honnêteté. L'honnêteté de son âme, de sa conduite. L'honnêteté de ses principes.
  Il signifie aussi, Bienséance. Il n'est pas de l'honnêteté d'en user si familièrement avec des gens à qui on doit du respect. Cela est contre les règles de l'honnêteté publique. Blesser les règles de l'honnêteté.
  Il signifie encore, Civilité. Il n'a pas eu l'honnêteté de l'aller voir. Il a beaucoup d'honnêteté pour tous ceux qui ont affaire à lui. C'est l'honnêteté même.
  Il se dit également Des actes de civilité, des politesses que l'on fait. Il ne lui a pas fait la moindre honnêteté. Il le reçut, il le traita avec toute sorte d'honnêtetés. Il lui a fait mille honnêtetés, toutes les honnêtetés imaginables.
  Il signifie aussi, Manière d'agir obligeante et officieuse. Il en a usé avec la plus grande honnêteté. L'honnêteté de son procédé.
  Il se dit, quelquefois, d'Un présent qu'on fait par reconnaissance. Il m'avait rendu un service... et je lui ai fait une honnêteté. Cela mérite bien une honnêteté.
  HONNÊTETÉ, signifie en outre, Chasteté, pudeur, modestie. Des paroles contre l'honnêteté, contraires à l'honnêteté. Cela répugne à l'honnêteté. Cela blesse, cela choque l'honnêteté. L'honnêteté des moeurs.
  La gloire, l'estime, la considération qui suit la vertu, le courage, les talents. Acquérir de l'honneur. Vivre sans honneur. Il est dans un haut degré d'honneur. Vous y aurez de l'honneur. Il en est sorti à son honneur. Il s'en est tiré avec honneur. On doit dire, à l'honneur de ce prince, que... Il eut tout l'honneur de la victoire. C'est à lui que tout l'honneur doit en revenir. L'honneur d'achever cette entreprise vous était réservé. Honneur aux braves ! Il s'est fait honneur, beaucoup d'honneur par cette action. Cet ouvrage lui fait honneur. De tels sentiments vous font honneur. L'honneur du nom français.
  Il n'y a ni honneur ni profit à cela, Cela n'est ni honorable ni utile.
  Être en honneur, Être honoré, favorisé, protégé. Sous ce prince éclairé, les vertus, les talents furent en honneur, les lettres étaient en honneur. On dit dans le même sens, Il mit les lettres, les sciences en honneur.
  Champ d'honneur, se dit de Tout champ de bataille. Mourir au champ d'honneur. Il est mort au champ d'honneur.
  Mourir au lit d'honneur, se dit D'un homme qui meurt à la guerre pour le service de l'État. On le dit aussi, figurément, De tout homme qui meurt dans l'exercice actuel d'une profession honorable. On le dit quelquefois, en plaisantant, D'un ivrogne qui meurt en buvant, d'un joueur qui meurt les cartes à la main, etc.
  Faire honneur à son siècle, à son pays, à sa famille, etc., Lui acquérir de la gloire, de la réputation, de l'estime, par ses talents, par ses actions. Faire honneur à sa naissance, En soutenir l'éclat.
  Faire honneur à son éducation, Répondre aux soins qui y ont été donnés. Faire honneur à ses affaires, à ses engagements, Remplir ses engagements. On dit dans le même sens, Faire honneur à une lettre de change, faire honneur à sa signature, etc.
  Être l'honneur de son siècle, de son pays, de sa famille, etc., En être la gloire et l'ornement. Il est l'honneur de la magistrature. Elle est l'honneur de son sexe.
  Faire honneur à quelqu'un d'une chose, La lui attribuer. On lui fait honneur d'un sentiment qu'il ne connut jamais. Il se faisait honneur d'un ouvrage qui n'était point de lui.
  Se faire honneur de quelque chose, signifie aussi, S'en tenir honoré, s'en honorer. Scipion se faisait honneur d'être ami de Térence. Il se fait honneur d'être allié de telle maison. On dit dans le même sens, Tenir à honneur. Je tiens à honneur de lui être présenté.
  HONNEUR, signifie aussi, L'estime, la réputation dont une personne jouit dans le monde. Attaquer, blesser, flétrir, déchirer l'honneur de quelqu'un. Défendre, venger son honneur. Ménager l'honneur, sauver l'honneur de quelqu'un. Soutenir l'honneur de sa famille. Donner, porter atteinte à l'honneur de quelqu'un. Engager, hasarder son honneur. Son honneur y est intéressé, y est engagé. Mettre son honneur en compromis. Être jaloux de son honneur. Réparer l'honneur de quelqu'un. Rendre l'honneur à quelqu'un. Perdre l'honneur. C'est un homme perdu d'honneur. Faire réparation d'honneur. Je vous engage ma foi et mon honneur. C'est le toucher en son honneur. Il est délicat sur ce qui regarde l'honneur. Il ne faut mettre son honneur qu'en des choses louables. Il met son honneur à ne point céder. C'est une tache à son honneur. Il y va de son honneur. Un procès d'honneur. Si vous souffrez cela, où est l'honneur ? Vous devriez, pour votre honneur, ne pas céder si promptement. Je consens à cela, l'honneur sauf.
  Piquer d'honneur une personne, Lui persuader qu'il y va de son honneur de faire ou de ne pas faire quelque chose. Se piquer d'honneur, Montrer dans quelque occasion plus d'habileté, plus de courage, plus de générosité, etc., qu'on n'a coutume d'en faire paraître. On voit qu'il s'est piqué d'honneur, son ouvrage est beaucoup mieux fait qu'à l'ordinaire.
  Point d'honneur, Ce qu'on regarde comme touchant à l'honneur, comme intéressant l'honneur. Il est trop délicat sur le point d'honneur. Il s'est fait sur cela un point d'honneur. Différends, disputes sur le point d'honneur. Ils se sont battus pour un point d'honneur. Autrefois les maréchaux de France étaient juges du point d'honneur.
  Prendre tout au point d'honneur, Étendre trop loin sa délicatesse sur le point d'honneur.
  Affaire d'honneur, Débat, démêlé, querelle où les parties croient leur honneur compromis. Il se dit, particulièrement, d'Un duel, d'un combat singulier. Ils ont eu ensemble une affaire d'honneur.
  Au Jeu, La partie d'honneur, La troisième partie que l'on joue, lorsque chacun des deux joueurs en a gagné une. Jouer la partie d'honneur. Gagner la partie d'honneur.
  Fam. et en plaisantant, Ne jouer que pour l'honneur, ne jouer que l'honneur, Jouer sans intéresser le jeu, et seulement pour passer le temps.
  HONNEUR, signifie encore, Vertu, probité ; qualité qui nous porte à faire des actions nobles, courageuses, loyales, etc. C'est un homme d'honneur, un vrai homme d'honneur. C'est un homme plein d'honneur. L'honneur lui est plus cher que la vie. Il aime l'honneur, ne craignez point qu'il fasse une mauvaise action. Ce sont des gens d'honneur. L'honneur français. Il faisait consister l'honneur à... Il n'a ni coeur ni honneur. Il est sans honneur. Il n'a aucun sentiment d'honneur. Manquer à l'honneur. Avoir l'honneur en recommandation. Écouter la voix de l'honneur. Faire ce que l'honneur commande, exige. Allez où l'honneur vous appelle. Satisfaire à l'honneur. Les lois de l'honneur.
  Par manière de serment, Sur l'honneur, sur mon honneur. Je l'atteste sur l'honneur. Je vous en réponds sur mon honneur. On dit de même, Foi d'homme d'honneur, je le ferai, ou simplement D'homme d'honneur, ou absolument D'honneur, mais seulement dans le langage familier. Je le ferai, d'honneur. D'honneur, je vous le promets. On dit aussi quelquefois, En honneur. En honneur, je ne le puis.
  Parole d'honneur, Promesse faite ou assurance donnée sur l'honneur. Il m'a donné sa parole d'honneur.
  Ma parole d'honneur, ou Parole d'honneur, se dit quelquefois, dans la conversation, Pour affirmer fortement. Ma parole d'honneur, cela s'est passé comme je vous le dis.
  Prov., En tout bien et en tout honneur, ou En tout bien et tout honneur, À bonne fin, à bonne intention. Il voit cette fille en tout bien et tout honneur.
  HONNEUR, en parlant Des femmes, signifie, Pudicité, chasteté. C'est une femme d'honneur, sans honneur. Elle tient à son honneur. Elle a fait faux bond à son honneur. Elle a forfait à son honneur. Ces deux dernières phrases sont familières.
  HONNEUR, signifie en outre, L'action, la démonstration extérieure par laquelle on fait connaître la vénération, le respect, l'estime qu'on a pour la dignité ou pour le mérite de quelqu'un. Dans ce sens, on l'emploie souvent au pluriel. Il faut rendre honneur à qui il appartient, à qui il est dû. On lui a fait des honneurs extraordinaires, de grands honneurs. Il fut reçu avec tous les honneurs dus à son rang. Les honneurs militaires. Accompagner quelqu'un par honneur. Porter honneur et respect. Il lui a fait tout l'honneur, tous les honneurs imaginables. Quel excès d'honneur ! Il ne faut pas rendre aux hommes des honneurs qui ne sont dus qu'à Dieu. Auguste souffrit qu'on lui rendît les honneurs divins. Rendre de grands honneurs à la mémoire de quelqu'un. Décerner les honneurs du triomphe. Faire quelque chose en l'honneur de quelqu'un, en l'honneur de Dieu. Les fêtes célébrées en son honneur. Ironiq., Vous me croyez capable d'une telle action, vous me faites bien de l'honneur, vous me faites là un bel honneur, c'est beaucoup d'honneur, c'est trop d'honneur que vous me faites, etc.
  Honneurs funèbres, Les honneurs qu'on rend aux morts, les cérémonies des funérailles. On dit aussi, Les honneurs de la sépulture, les honneurs suprêmes, etc.
  En termes de Guerre, Obtenir les honneurs de la guerre, se dit D'une garnison assiégée qui n'est pas forcée, avant de quitter la place, d'y laisser ses armes. Autrefois, ces honneurs consistaient à sortir par la brèche, enseignes déployées, mèche allumée, balle en bouche. Maintenant ils consistent à sortir avec armes et bagages, soit en conservant les armes jusqu'aux avant-postes, soit en les déposant sur le glacis.
  Garde d'honneur, Troupe offerte à des personnages éminents, auxquels on rend les honneurs militaires. C'est quelquefois une réunion de citoyens distingués qui, volontairement, servent de gardes à un souverain, à un prince, etc., pendant son séjour dans la ville, dans le pays. On offrit au prince, à la princesse une garde d'honneur.
  Place d'honneur, se dit, dans une cérémonie, dans une réunion, dans un repas, etc., de La place réservée à un personnage éminent, à une personne qu'on veut honorer d'une distinction particulière. Il avait la place d'honneur. Des places d'honneur leur avaient été réservées.
  Légion d'honneur, Ordre institué en France pour récompenser les services et les talents distingués. Membre, chevalier de la Légion d'honneur. Grand officier de la Légion d'honneur. Le grand chancelier de la Légion d'honneur. La décoration de la Légion d'honneur. Être dégradé de la Légion d'honneur. On dit aussi, mais seulement dans le langage familier, La croix d'honneur, La croix de cet ordre.
  Chevalier d'honneur, dame d'honneur, fille d'honneur, se dit de Certaines personnes de qualité qui remplissent diverses fonctions auprès d'une reine, d'une princesse. Enfants d'honneur, Jeunes gens de qualité qui étaient nourris auprès d'un prince, pendant son bas âge.
  Chevalier d'honneur, s'est dit aussi de Conseillers d'épée qui avaient séance et voix délibérative dans les cours souveraines.
  Conseillers d'honneur, Conseillers qui avaient séance et voix délibérative dans certaines compagnies, quoiqu'ils n'eussent point de charge. La plupart des gouverneurs, beaucoup d'évêques étaient conseillers d'honneur dans les siéges des lieux de leur résidence.
  Marguillier d'honneur, Marguillier d'un état supérieur à celui des marguilliers ordinaires. Le marguillier d'honneur n'est point comptable.
  Les honneurs du Louvre, se disait de Certaines distinctions, et particulièrement du droit d'entrer à cheval ou en carrosse dans la cour du Louvre, et dans celle des autres maisons où le roi était logé. Il y avait des charges qui donnaient les honneurs du Louvre.
  Les honneurs de l'Église, Les prééminences et les droits honorifiques qu'on a dans l'Église.
  Absol., Les honneurs, se dit, en certaines grandes cérémonies, telles que le sacre des rois, leur baptême, leurs funérailles, etc., Des pièces principales qui servent à la cérémonie, comme le sceptre, la couronne, etc. Les honneurs étaient portés par...
  À certains Jeux de cartes, Les honneurs, se dit Des figures d'atout.
  Faire les honneurs d'une maison, Recevoir, selon les règles de politesse établies, ceux qui viennent dans la maison.
 Fig., Faire les honneurs d'une personne, d'une chose, En parler ou en disposer comme d'une personne ou d'une chose qui nous appartient.
  Fam., Faire honneur à un repas, Y bien manger, et témoigner par là qu'on le trouve bon.
  Prov., À tous seigneurs tous honneurs, ou À tout seigneur tout honneur, Il faut rendre honneur à chacun selon son rang et sa qualité.
  Pop. et par civilité, Sauf votre honneur, Sauf le respect que je vous dois.
  Votre Honneur, est, en Angleterre, Le titre qu'on donne par respect à certaines personnes de qualité.
  HONNEUR, se joint souvent à un infinitif et quelquefois à un substantif, par la préposition de : alors il se prend ordinairement dans le sens de Grâce, faveur, distinction. Le roi lui a fait l'honneur de le choisir pour... Il mérita l'honneur d'être appelé le Père de la patrie. Il a l'honneur d'être admis souvent à la table du prince. L'honneur de siéger dans cette assemblée. Il ne m'a pas seulement fait l'honneur de me regarder. Réclamer l'honneur du pas, c'est-à-dire, La préséance.
  Il se dit très-souvent, en ce dernier sens, par civilité et par compliment. Lorsque j'aurai l'honneur de vous voir. La lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire. Faites-moi l'honneur de me dire... J'ai l'honneur d'être...
  HONNEUR, se prend aussi pour Dignité, charge ; et, en ce sens, il n'est d'usage qu'au pluriel. Aspirer aux honneurs. Être élevé aux honneurs. Les honneurs de la république. Briguer les honneurs. Il est parvenu aux plus grands honneurs par tous les degrés. Parvenir au comble des honneurs. La porte des honneurs fut ouverte au mérite.
  Prov., Les honneurs changent les moeurs, On s'oublie dans la prospérité.
  (H s'aspire.) Couvrir de honte, déshonorer. Il est honni partout. Ce mot est ordinairement familier.
  HONNI, IE. participe, La devise de l'ordre de la Jarretière en Angleterre porte ces mots : Honni soit qui mal y pense.
  Qui fait honneur, qui attire de l'honneur et du respect. Être dans un poste honorable. Profession, condition, emploi, rang, caractère honorable. Capitulation honorable. Ils ne veulent se rendre qu'à des conditions honorables. Faire une retraite honorable. Recevoir des blessures honorables. Il a fait une fin honorable et glorieuse. Mort honorable. Action honorable. Vie honorable. Parvenir à une vieillesse honorable. Il lui est honorable d'avoir été choisi pour cette mission. Accueil, réception honorable. Faire une mention honorable de quelqu'un, de quelque chose. Cette pièce de vers a obtenu une mention honorable, la première mention honorable, au jugement de l'Académie. On lui donna la place la plus honorable. Il occupe un rang honorable parmi nos écrivains du second ordre.
  Il signifie aussi, Qui mérite d'être honoré, considéré. Il appartient à une famille honorable. C'est une des maisons les plus honorables de notre ville. Il est usité en ce sens dans le langage parlementaire. L'honorable préopinant. Mon honorable collègue, mon honorable ami vous a dit, messieurs, que... L'honorable membre. L'honorable orateur qui m'a précédé à cette tribune.
  Il se dit, particulièrement, De celui qui emploie sa fortune à tenir une bonne maison et à bien recevoir. C'est un homme très-honorable, fort honorable. On dit en des sens analogues : Il tient une maison honorable. Il fait les choses d'une manière honorable. Etc.
  Honorable homme. Qualité que les simples bourgeois prenaient autrefois dans les actes publics.
  Amende honorable, Sorte de peine infamante qui était ordonnée par justice, et qui consistait à reconnaître publiquement son crime, et à en demander pardon. Il fit amende honorable nu en chemise, la torche au poing et la corde au cou.
  Fig., Faire amende honorable à quelqu'un, Lui faire une espèce de réparation d'honneur, et reconnaître qu'on a eu tort à son égard.
  D'une manière honorable. Il a été reçu honorablement. Faire les choses honorablement. C'est un homme qui a toujours vécu honorablement, très-honorablement. Parler honorablement de quelqu'un.
  Il signifie aussi, D'une manière splendide, magnifique. Il a été enterré très-honorablement.
  Il se dit Des personnes qui, après avoir exercé longtemps certains emplois, certaines charges, en conservent le titre et les prérogatives honorifiques. Conseiller honoraire. Maître des requêtes honoraire.
  Il se dit aussi Des personnes qui portent un titre honorifique sans fonctions. Académicien honoraire.
  Chanoine honoraire, s'emploie dans les deux sens, et se dit, tantôt de Chanoines qui se sont démis de leur canonicat ; tantôt de Personnes notables qui, sans être chanoines, ni l'avoir été, ont la place et les honneurs de chanoine. Chanoine honoraire de Saint-Denis.
  Tuteur honoraire, Celui qui est préposé pour veiller aux intérêts d'un pupille, mais qui, à la différence du tuteur ordinaire, ne prend aucune part à l'administration des biens.
  Ce que l'on donne à un avocat pour avoir plaidé ou écrit dans une cause. On l'emploie ordinairement au pluriel. J'ai donné tant à mon avocat pour ses honoraires.
  Il se dit également Des rétributions qu'on donne à quelques autres personnes de professions honorables. Les honoraires d'un médecin. Les honoraires d'un curé.
  Rendre honneur et respect. Honorer Dieu. Honorer les saints. Honorer les reliques. Honorer Dieu dans ses saints. Honorer son père et sa mère. Honorer ses supérieurs. Honorer la mémoire de quelqu'un.
  Il signifie aussi simplement, Avoir beaucoup d'estime pour quelqu'un. C'est un homme que j'honore extrêmement. Croyez que personne ne vous honore plus que moi. J'honore son mérite et sa vertu.
  Il signifie encore, Faire honneur à. Il honore son pays, son siècle. Il honore sa profession. Elle honore son sexe. Il honore plus sa place que sa place ne l'honore. Une telle conduite vous honore.
  Il signifie en outre, Donner, accorder une chose qui est regardée comme une faveur, comme une grâce, comme une distinction. Dans ce sens, il n'est souvent qu'un terme de respect ou de civilité. Vous honorez du titre de sage un homme qui le mérite bien peu. Elle n'a pas daigné l'honorer d'un regard, d'une réponse. Il daigne m'honorer de son amitié, de sa confiance, de sa protection. La lettre dont vous m'avez honoré.
  Il se dit également, quelquefois, De la chose donnée, accordée. Votre confiance m'honore.
  HONORER, avec le pronom personnel, signifie, Acquérir de l'honneur, faire une chose honorable. C'est s'honorer que d'agir si généreusement.
  Il signifie plus ordinairement, Se faire honneur d'une chose, en tirer vanité. Je m'honore d'être son ami. Je m'honore de son estime. C'est un titre dont elle s'est toujours honorée.
  HONORÉ, ÉE. participe, Cette profession est bien moins honorée qu'elle n'est honorable.
  Il s'emploie adjectivement dans le commerce épistolaire. Ainsi on écrit, quelquefois, à un homme de la même profession que soi, Mon honoré confrère ; et lorsqu'on veut témoigner de la déférence à quelqu'un, à cause de son âge, ou de sa science, ou de son talent, Mon cher et honoré maître, etc.
  [On prononce Honorèsse.] Expression empruntée du latin, dont on se sert en français, dans le langage familier, en parlant D'un titre sans fonction et sans émoluments. C'est une place, un titre ad honores.
  Qui procure des honneurs, des respects. Titre honorifique. Priviléges honorifiques.
  Il se dit, particulièrement, Des droits qui appartenaient aux seigneurs et aux patrons dans les églises. Droits honorifiques.
  (H s'aspire.) Confusion, trouble, sentiment pénible excité dans l'âme par l'idée de quelque déshonneur qu'on a reçu ou qu'on craint de recevoir, ou qu'on aurait seulement à ses propres yeux. Avoir honte de mentir. Il a honte d'avoir fait cette mauvaise action. Il a honte de se montrer. La honte le retient. Il y a une bonne et une mauvaise honte. Il ne faut pas avoir honte de bien faire. J'éprouvais à leur aspect une sorte de honte. C'est une mauvaise honte, une fausse honte. Rougir de honte. Pleurer de honte. Vous devriez mourir de honte. N'avez-vous point honte de manquer de parole, de vous comporter avec cette indécence ? J'en ai honte pour vous. J'aurais honte de rapporter les propos indécents qu'il tenait. Je ne puis, sans quelque honte, vous faire cet aveu. Je puis l'avouer sans honte.
  Faire honte à quelqu'un, Lui causer de la honte, être un sujet de honte pour lui. Ils tirent vanité de ce qui devrait leur faire le plus de honte. Vous me faites honte lorsque je vous entends parler ainsi. Cet écolier fait honte à tous les autres par son application. Votre activité fait honte à ces paresseux.
  Faire honte à quelqu'un, signifie encore, Faire à quelqu'un des reproches qui lui causent de la honte, de la confusion ; et alors honte est souvent accompagné d'un complément. Faites-lui honte, il le mérite bien. Faites-lui honte de sa paresse. On lui en a bien fait honte. On lui en a fait la honte tout entière.
  Prov., Que honte ne vous fasse dommage, Il ne faut pas qu'une mauvaise honte empêche de faire une chose qui n'est point blâmable, et qui peut être utile.
  Prov. et fig., Avoir perdu toute honte, Être sans pudeur, être insensible au déshonneur. On dit dans le même sens, Avoir toute honte bue, mettre bas toute honte. C'est un homme qui a mis bas toute honte. C'est une femme qui a perdu toute honte, qui a toute honte bue.
  Prov., Revenir, s'en retourner avec sa courte honte, Revenir, s'en retourner après avoir essuyé un affront, un refus, ou sans avoir rien fait de ce qu'on s'était promis de faire.
  HONTE, signifie encore, Déshonneur, ignominie, opprobre. Essuyer la honte d'un refus, d'une disgrâce. La honte doit en retomber sur lui. Il n'en recueillera que de la honte. Cette action imprime à sa mémoire une honte éternelle. Il veut laver sa honte dans leur sang. Couvrir quelqu'un de honte. Effacer la honte d'une mauvaise action. Regarder comme une honte. Tenir à honte. Il s'est engagé dans une entreprise, dans une affaire dont il ne sortira qu'à sa honte. Il y a de la honte à se conduire ainsi. Il n'y a pas de honte à être pauvre. La honte suit les mauvaises actions. Il alla cacher sa honte au fond d'une retraite ignorée. Elle se vit contrainte d'avouer sa honte. Pleurer sa honte. Quelle honte pour nous ! À la honte de la raison, du bon sens, on voit encore les erreurs les plus grossières s'accréditer.
  Être la honte, faire la honte de sa famille, etc., Lui faire un grand déshonneur. Les mauvais ouvrages, les ouvrages immoraux font la honte de leurs auteurs. De tels hommes sont la honte de l'humanité.
  (H s'aspire.) Avec honte et ignominie. Fuir honteusement. Mourir honteusement.