JEUNE
adj. des deux genres
- Qui n'est guère avancé en âge. Un jeune enfant. Un jeune garçon. Un jeune homme. Une jeune fille. Une jeune personne. Une jeune demoiselle. Une jeune femme. Je l'ai connu tout jeune. Elle est trop jeune pour pouvoir se marier. Il s'est marié très-jeune. Ce garçon est bien jeune. Un jeune avocat. Un jeune médecin. Des jeunes gens nouvellement mariés. Il fait le jeune homme. Elle fait la jeune, mais elle ne l'est plus. Il commence à n'être plus jeune. Un jeune coeur s'enflamme aisément. C'est un jeune fou, un jeune étourdi. Ce sont des jeunes gens. Il est plus jeune, il est moins jeune que moi de deux ans. Quelle est la plus jeune des trois ?
- Il se dit quelquefois par rapport Aux emplois, aux dignités qu'on ne donne ordinairement qu'à des hommes faits ou à des personnes déjà avancées en âge. Ce précepteur me paraît bien jeune. Il est trop jeune pour un emploi si important. Il a été fait chancelier bien jeune. Il fut maréchal de France très-jeune.
- Jeunes de langue, Jeunes gens que quelques gouvernements entretiennent pour apprendre les langues orientales, et devenir capables de servir de drogmans. Dans cette dénomination, Jeunes est pris substantivement.
- JEUNE, se dit aussi, surtout au sens moral et dans le style élevé, De ce qui appartient, de ce qui est propre à une personne jeune. De jeunes désirs. De jeunes ardeurs. Cette pensée enflammait son jeune courage.
- Le jeune âge, L'âge, le temps où l'on est jeune. Dès son plus jeune âge. Dans mon jeune âge. On dit de même, surtout en poésie, Jeunes ans, jeunes années, jeune saison. Dès ses plus jeunes ans. Dans ses jeunes années. Dans ma jeune saison. On dit encore, familièrement, Dans son jeune temps, dans mon jeune temps, etc.
- Fig. et fam., Une jeune barbe, Un jeune homme. Il veut décider de tout, et ce n'est qu'une jeune barbe.
- Fig. et fam., Il a la barbe trop jeune, se dit D'un jeune homme, quand il veut faire des choses qui demandent plus de maturité, plus d'expérience qu'on n'en peut avoir à son âge.
- Cette couleur est jeune, Elle ne convient qu'à des personnes jeunes. Cette couleur est trop jeune pour moi.
- JEUNE, se dit particulièrement pour Cadet, par opposition à Aîné. Un tel, le jeune. Dubois jeune, pharmacien.
- Il se dit aussi, par opposition à Ancien, pour distinguer certains personnages historiques. Pline le jeune. Denys le jeune.
- JEUNE, se dit, par extension, De celui qui a encore quelque chose de l'ardeur, de la vivacité et de l'agrément de la jeunesse. Il ne vieillit point, il est toujours jeune. On le dit, dans le même sens, De ce qui appartient aux personnes. Il a le visage aussi jeune que s'il n'avait que vingt ans. Avoir la voix jeune. Il a toujours l'esprit jeune, l'humeur jeune, le coeur jeune.
- Avoir encore le goût jeune, les goûts jeunes, se dit D'une personne avancée en âge qui conserve les inclinations de la jeunesse.
- JEUNE, signifie quelquefois, Étourdi, évaporé, qui n'a point encore l'esprit mûr. Mon Dieu, qu'il est jeune ! Je crois qu'il sera longtemps jeune, qu'il sera toujours jeune.
- JEUNE, se dit également Des animaux, par rapport à l'âge qu'ils vivent ordinairement. Un jeune chien. Un jeune chat. Un jeune oiseau. Un jeune coq.
- Prov., Il est fou comme un jeune chien, se dit D'un jeune garçon étourdi et folâtre.
- Prov., Jeune chair et vieux poisson, La viande des jeunes bêtes est la plus délicate, et les plus grands poissons sont ordinairement les meilleurs.
- JEUNE, se dit pareillement Des arbres et des plantes. Un jeune chêne. Un jeune noyer. Un jeune arbre. Un jeune arbrisseau. Un jeune bois. Un jeune taillis. Un jeune plant. Une jeune vigne. Une jeune plante.
- Il se dit particulièrement, dans l'Administration forestière, Des baliveaux de l'âge du taillis, par opposition aux baliveaux modernes, qui ont deux ou trois âges, et aux baliveaux anciens, qui ont plus de trois âges.
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JEÛNE
s. m.
- Pratique religieuse, acte de dévotion, qui consiste à s'abstenir d'aliments par esprit de mortification. L'usage du jeûne est de la plus haute antiquité. Les fêtes d'Éleusine étaient accompagnées de jeûnes. Le jeûne des Turcs pendant la fête du Ramadan. Le jeûne des brahmanes. Le jeûne de Moïse et celui d'Élie durèrent quarante jours. Le jeûne de JÉSUS-CHRIST fut de quarante jours. Parmi les Juifs, la fête des Expiations était précédée d'un jeûne solennel. Ordonner un jeûne public, un jeûne solennel en expiation de quelque crime. Rompre son jeûne. Jeûne de précepte. Jeûne de dévotion. Jeûne volontaire. Par le jeûne et par la prière.
- Il se dit particulièrement Du jeûne des catholiques, qui consiste à s'abstenir de viande en ne faisant qu'un repas dans toute la journée, soit à dîner avec une légère collation à souper, soit à souper avec une légère collation à dîner. Le jeûne est de précepte ecclésiastique. Le jeûne du carême. Tous les jours de jeûne. Il est jeûne aujourd'hui. Un jeûne de commandement. Un jeûne ordonné par l'Église. Il y a tant de jeûnes dans l'année. Dans l'ancienne Église, le jeûne se pratiquait d'une autre manière qu'à présent. Pour observer le jeûne, on ne mangeait qu'après le soleil couché, comme font encore les protestants et les calvinistes.
- Prov. et fig., Il a fait bien des jeûnes qui n'étaient pas de commandement, Il a été longtemps sans trouver de quoi manger.
- JEÛNE, se dit aussi, dans une signification générale, de Toute abstinence d'aliments. Un trop long jeûne ruine la santé.
- Il se dit quelquefois, figurément et familièrement, de Toute autre espèce d'abstinence ou de privation. Depuis un mois mon médecin m'a défendu de rien lire : c'est un long jeûne qu'il m'a imposé.
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