REFUGE
s. m.
- Asile, retraite, lieu où l'on se sauve pour être en sûreté. Refuge assuré. Lieu de refuge. Chercher un refuge. Les Israélites avaient des villes de refuge. Sa maison est le refuge de tous les malheureux.
- Maison de refuge, ou simplement, Refuge. Nom de certaines maisons d'asile pour les indigents, et quelquefois de correction pour les femmes qu'on veut retirer du désordre.
- REFUGE, se dit figurément Des personnes dont on attend, dont on implore la protection, le secours. Vous êtes mon refuge, tout mon refuge, mon seul refuge. Il est le refuge des misérables, le refuge des pécheurs. Dieu est mon seul refuge. C'est mon unique refuge. Voilà mon dernier refuge.
- Il se dit quelquefois Des choses. Vous avez contre lui le refuge de la loi. Les lois sont le refuge du faible.
- Il se dit encore, figurément, Des prétextes, des raisons apparentes sous lesquelles l'erreur ou la mauvaise foi cherche à se mettre à couvert. Quel misérable refuge que ce prétexte ! La dénégation est son refuge ordinaire. Ce sont donc là vos refuges ? On l'a poursuivi dans tous ses refuges.
- Se retirer en quelque lieu ou auprès de quelqu'un pour être en sûreté. Il s'est réfugié dans une église. Il s'est réfugié dans telle ville, dans tel pays. Se réfugier chez un prince, auprès d'un prince. Il ne sait où se réfugier.
- Il s'emploie aussi figurément. Il se réfugie dans des équivoques, dans des subtilités, pour échapper à la vérité qui le presse. L'homme vertueux, accusé par le monde, se réfugie dans sa conscience.
- RÉFUGIÉ, ÉE. participe, Il est aussi substantif. C'est un réfugié. Un pauvre réfugié. Les réfugiés polonais, italiens, espagnols, etc.
- Absol., Les réfugiés, Les calvinistes que la révocation de l'édit de Nantes fit sortir de France.
- Adjectiv., Style réfugié, Le style des écrivains protestants qui, étant sortis du royaume, ont ignoré les changements introduits par l'usage dans la langue française.
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