SUJET
ETTE. adj.
- Soumis, subordonné, qui est dans la dépendance, qui est obligé d'obéir. Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons. Le fils doit se regarder comme sujet à son père. Je ne veux pas être sujet à ces conditions-là. Être sujet aux ordres de quelqu'un.
- Il signifie aussi, Obligé à supporter quelques charges, et à payer certains droits. Tout propriétaire est sujet à l'impôt foncier. Il était sujet au logement des gens de guerre. Il est sujet à tel devoir, à telle rente, à telle redevance, à telle servitude.
- Il signifie également, Astreint à quelque nécessité inévitable. Tous les hommes sont sujets à la mort. La nature humaine est sujette à beaucoup d'infirmités.
- Être sujet à l'heure, Être obligé de se trouver en quelque endroit, de faire quelque chose à certaine heure précise. On dit dans le même sens, Être sujet au coup de marteau, au coup de cloche ; et dans un sens analogue, Être sujet au coup de sonnette.
- SUJET, s'emploie aussi absolument. Ainsi on dit : Ce maître tient ses domestiques fort sujets, Il exige d'eux un service fort assidu ; Ce père tient son fils de court et fort sujet, Il ne lui laisse presque aucune liberté ; et, Cette femme est fort sujette auprès de son mari, Elle se tient continuellement auprès de lui.
- Il se dit de même en parlant D'un emploi, d'un métier qui oblige à une grande assiduité. C'est un emploi, un métier, une place où il faut être extrêmement sujet, où l'on est fort sujet.
- SUJET, signifie encore, Qui a accoutumé de faire quelque chose, qui s'y trouve porté par inclination ou par habitude. Il est sujet à boire, à s'enivrer. Il est sujet à cette faute. On dit de même, Être sujet au vin, sujet aux femmes ; être sujet à ses goûts, sujet à ses fantaisies, sujet à ses plaisirs, à ses passions, etc.
- SUJET, signifie aussi, Qui est exposé à éprouver fréquemment de certains accidents. Tout homme est sujet à se tromper. Être sujet à de grandes maladies, sujet à la goutte, à la gravelle, à la migraine, aux vapeurs. Être sujet à tomber du haut mal. Ce pays est sujet aux inondations, aux tremblements de terre. Cette vallée est sujette aux ravines. Ces couleurs sont sujettes à changer.
- Cette démarche est sujette à bien des inconvénients, cette entreprise est sujette à bien des difficultés, Il y a des inconvénients à faire cette démarche, il y a bien des difficultés à surmonter pour réussir dans cette entreprise. Ce passage est sujet à plusieurs interprétations différentes, Il est susceptible de différentes interprétations.
- Prov., Il est sujet à caution, se dit D'un homme auquel il ne faut pas trop se fier.
- SUJET, est aussi substantif, et signifie, Celui qui est soumis à une autorité qui gouverne, soit qu'il s'agisse d'un roi, d'une république, ou de quelque autre souverain. Il est né sujet du roi. Je ne suis point sa sujette. C'est un prince qui aime ses sujets. Ce prince est le père de ses sujets. En prenant des lettres de naturalité, on devient sujet de l'État où l'on se fait naturaliser. Les sujets de la république de Venise. Les relations du prince au sujet. Les sujets ne sont pas des esclaves.
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SUJET
s. m.
- Cause, raison, motif. Il vous a querellé sans sujet, pour un sujet fort léger. Vous ne lui en avez point donné sujet. J'ai sujet de me plaindre. À quel sujet avez-vous fait telle chose ? Il n'en use pas de cette sorte sans sujet. Il lui a donné des sujets de plainte. Il a plus d'un sujet d'affliction, de douleur, de larmes. Voilà le sujet de leur querelle, de leur rupture. On lui a donné de grands sujets de mortification. Il fut arrêté au sujet de cette querelle. Il a reçu des reproches au sujet de sa conduite. À ce sujet, je vous dirai...
- SUJET, signifie aussi, La matière sur laquelle on compose, sur laquelle on écrit, sur laquelle on parle. Quel est le sujet de son livre ? Quel est le sujet de votre conversation ? Le sujet de leur conversation, de leur entretien, de leur dispute, était... Un sujet de comédie. Sujet fécond. Sujet stérile. Sujet difficile. Traiter un sujet. Un vieux sujet. Un sujet rebattu, usé. Un sujet neuf, heureux. Manier bien un sujet. Méditer un sujet, sur un sujet. Trouver un sujet de poëme, de tragédie. Il a pris le sujet de sa pièce dans tel ouvrage. Cette anecdote lui a fourni le sujet de sa pièce. On a déjà beaucoup écrit sur ce sujet. Travailler sur un sujet. Épuiser un sujet. Sortir de son sujet. Dominer son sujet. Être au-dessous de son sujet.
- Être plein de son sujet, L'avoir bien médité, en être bien instruit, bien pénétré.
- Il se dit également en parlant Des arts. Le sujet de ce tableau est l'entrée de Notre-Seigneur dans Jérusalem. Les batailles de Louis XII et de François Ier sont les sujets des bas-reliefs qui sont autour de leurs tombeaux. Sujet de tableau tiré de la Fable, de l'histoire, de l'Écriture sainte.
- SUJET, signifie aussi, L'objet d'une science. Les corps naturels sont le sujet de la physique. Le sujet de la médecine, c'est le corps humain.
- Il se dit, en termes de Musique, de L'air sur lequel on fait les parties ; et surtout de La phrase qui commence une fugue, et qui lui sert de thème, de motif. Il y a dans une fugue plusieurs reprises du sujet et de la réponse.
- Il signifie, en termes de Logique et de Grammaire, Le terme de toute proposition duquel on affirme ou l'on nie quelque chose. Dans cette proposition, Le soleil est grand, Soleil est le sujet, et Grand est l'attribut. Le sujet, le verbe et l'attribut.
- SUJET, se dit en outre d'Une personne, par rapport à sa capacité, à ses talents, ou à ses moeurs. L'homme dont vous parlez n'est pas un sujet capable de remplir cet emploi. C'est un sujet précieux pour une administration. C'est un bon sujet, un grand sujet, un digne sujet. C'est un mauvais sujet, un plat sujet, un pauvre sujet, un mince sujet, un sujet médiocre.
- SUJET, parmi les Anatomistes, se dit d'Un cadavre que l'on dissèque. La difficulté de se procurer des sujets nuit beaucoup, dans ce pays, au progrès des études anatomiques.
- En termes de Médec., Ce malade est un bon sujet, un mauvais sujet, Il est d'une bonne ou d'une mauvaise constitution.
- SUJET, en termes de Jardinage, se dit d'Un végétal sur lequel on pose, ou on doit poser une greffe ; et particulièrement Des sauvageons qu'on élève en pépinière, pour les transplanter et les greffer. Pour qu'une greffe réussisse, il faut qu'il y ait beaucoup d'analogie entre elle et le sujet. Cette pépinière ne fournit que des sujets faibles et languissants.
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