TENIR
v. a.
- (Je tiens, tu tiens, il tient ; nous tenons, vous tenez, ils tiennent. Je tenais. Je tins. J'ai tenu. Je tiendrai. Je tiendrais. Tiens, tenez. Que je tienne. Que je tinsse. Tenant. Tenu.) Avoir à la main, avoir entre les mains. Tenir un livre. Tenir une épée. Tenez bien cela, tenez-le ferme, tenez-le serré. Je le tiens bien, il ne m échappera pas. Tenir quelqu'un par le bras, par le corps. Tenir les rênes des chevaux. Tenir des chiens en laisse. Tenir un enfant par la lisière. Tenir le gouvernail d'un vaisseau. Tenir le timon d'un navire.
- Fam., Se tenir les côtés de rire, Rire démesurément.
- Tenir quelqu'un à la gorge, Lui serrer la gorge avec les mains ; et figurément, Le réduire dans un état à ne pouvoir faire aucune résistance à ce qu'on exige de lui. On dit à peu près dans la même acception, Tenir le pied sur la gorge à quelqu'un. On dit aussi figurément, Tenir le poignard sur la gorge à quelqu'un.
- Fig. et pop., Tenir quelqu'un au cul et aux chausses, Le serrer de si près, qu'il ne peut échapper, qu'il ne peut s'empêcher de faire ce qu'on veut. Il signifie aussi, S'occuper de quelqu'un pour examiner et censurer sa conduite, son caractère.
- Fig. et fam., Tenir quelqu'un dans sa manche, Disposer souverainement de quelqu'un, être en état d'en exiger tout ce qu'on voudra. On dit de même, Tenir quelque chose dans sa manche, En être assuré.
- Fig. et fam., Tenir quelqu'un le bec dans l'eau, Le laisser toujours dans l'attente de quelque chose qu'on lui fait espérer ; Le tenir dans l'incertitude, en ne lui donnant pas de réponse positive.
- Tenir des chevaux au filet, Les attacher avec un filet dans la bouche, afin de les empêcher de manger ; et, figurément et familièrement, Tenir quelqu'un au filet, Lui faire longtemps espérer quelque chose, sans jamais lui rien donner ; l'amuser, le faire attendre.
- Fig. et fam., Tenir quelqu'un de court, Ne pas lui laisser la liberté de faire ce qu'il voudrait.
- Fig. et fam., Tenir quelqu'un par les lisières, Le mener, le gouverner comme un enfant.
- Prov. et fig., Cet homme tient le bon bout par-devers lui, Il est nanti, il a ses sûretés.
- Fig., Tenir le fil d'une intrigue, En avoir saisi le noeud, le secret. On dit à peu près dans le même sens : Je tiens le sens de ce passage, le mot de cette énigme, ou simplement, Je tiens cette énigme, je tiens l'énigme. Tenez-vous le fil de son raisonnement ?
- Au Jeu de dés, Tenir les dés, Tenir le cornet, avoir la main pour jeter les dés.
- Fig. et fam., Tenir le dé dans la conversation, S'en rendre le maître.
- Il faut le tenir à quatre, se dit en parlant D'un fou, d'un furieux, qui ne peut être contenu que par les efforts réunis de plusieurs personnes.
- Fig. et fam., Il faut le tenir à quatre, se dit en parlant D'un homme difficile et emporté, qu'on a de la peine à contenir, à empêcher de faire des violences.
- Fig. et fam., Il se fait tenir à quatre, se dit D'un homme qui fait le difficile dans un accommodement.
- Fig. et fam., Se tenir à quatre, Faire un grand effort sur soi-même pour ne pas éclater, pour ne pas se mettre en colère.
- Absol., Tenez, Prenez ce que je vous présente. Tenez, se dit quelquefois, dans le discours familier, uniquement Pour s'attirer l'attention. Tenez, tout ce que vous me dites là ne me touche pas. Il se dit également Pour avertir de prendre garde à quelque chose, et dans le même sens qu'on a coutume de dire, Voyez. Tenez, le voilà qui passe.
- Prov., Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras, La possession d'un bien présent, quelque modique qu'il soit, vaut mieux que l'espérance d'un plus grand bien à venir, qui est incertain.
- Prov. et pop., Serrez la main, et dites que vous ne tenez rien, se dit À quelqu'un de qui on se moque, en faisant semblant de lui vouloir donner une chose qu'on ne lui donne pas.
- Prov. et par plaisanterie, Il ne tient rien, se dit D'un homme qui manque à réussir dans quelque chose. Il pensait toucher cet argent, avoir cet emploi ; mais il ne tient rien. Il croyait vous attraper, mais il ne tient rien.
- Prov., fig., et avec une espèce de joie maligne, Il en tient, se dit D'un homme à qui il arrive quelque chose de fâcheux, de désagréable, d'embarrassant, de honteux. Il a perdu son procès, il en tient. Il n'a rien à répliquer à cela, il en tient. On dit également dans un langage très-familier, Cette femme lui a donné dans la vue, il en tient, Il en est amoureux ; Il a bu plus que de raison, il en tient, Il est ivre.
- Prov., Cet homme tient bien ce qu'il tient, Il n'est pas aisé de lui faire quitter prise ; ou bien, Il est avare.
- Prov. et fig., Je tiens mon homme, je le tiens, Je l'ai amené dans le piége ; ou Je l'ai réduit en tel état, qu'il ne peut plus tergiverser, qu'il ne peut plus trouver d'échappatoire. Il a beau faire à présent, je le tiens.
- Tenir un enfant sur les fonts de baptême, ou simplement, Tenir un enfant, En être le parrain ou la marraine.
- Fig. et fam., Tenir quelqu'un sur les fonts, S'en entretenir avec détail, soit en bien, soit en mal. Il signifie aussi, Questionner quelqu'un, le faire parler, l'examiner. Cette manière de parler a vieilli ; on dit, dans la première acception, Tenir quelqu'un sur le tapis.
- TENIR, signifie aussi, Posséder, occuper. Les mahométans tiennent les plus belles provinces de l'Asie. Tenir un pays en souveraineté. Tenir une terre en fief. Tenir un bénéfice en commende. Tenir une terre en franc-alleu. Tenir une terre à ferme, à bail. Tenir une maison à loyer. Ce prince ne tint l'empire que peu de temps. Ce pape mourut après avoir tenu le siége dix ans entiers.
- Cet officier, ce commandant tient telle ville, telle place de guerre pour le roi, pour le service de tel prince, Il y commande, il la garde pour les intérêts du prince : cela se dit ordinairement Quand on parle de temps de troubles, de temps de guerre, ou quand il s'agit de droits contestés. Il se jeta dans la place, et la tint pour le roi, pour le service du roi.
- Tenir une terre par ses mains, La faire valoir soi-même, au lieu de l'affermer.
- Tenir une terre à foi et hommage de quelqu'un, Posséder une terre qui relève de quelqu'un. Les rois d'Angleterre ont tenu autrefois la Normandie et la Guienne à foi et hommage de la France. On dit aussi, absolument : Tenir de quelqu'un à cause de quelque terre. Il tenait de tel seigneur. Tel prince tenait de l'Empire.
- Fig., Tenir quelque chose de quelqu'un, Lui en avoir l'obligation. Tout ce qu'il a, il le tient de votre libéralité. C'est une grâce que je tiens du roi seul. C'est de vous qu'il tient son avancement, sa fortune. S'il a quelque chose de bon, il le tient des exemples qu'on lui a donnés. C'est d'un tel qu'il tient tout ce qu'il sait.
- Fig., Ne tenir rien de quelqu'un, Ne lui avoir aucune obligation ; ne point dépendre de lui. Vous n'avez rien à lui commander, il ne tient rien de vous.
- Tenir la vie de quelqu'un, Lui avoir obligation de la vie. On dit aussi, Ceux dont ou de qui je tiens la vie, Mon père et ma mère.
- Tenir quelque chose de quelqu'un, L'avoir appris de quelqu'un. De qui tenez-vous cela ? Je tiens ce secret, ce remède d'un homme habile. C'est une nouvelle que je tiens de bonne part, de bonne source, de quelqu'un bien instruit.
- Tenir une chose de race, de naissance, se dit en parlant D'une chose qui s'est transmise avec le sang, et qu'on a reçue de ses ancêtres, qu'on a apportée en naissant. Ils sont tous braves dans cette maison-là, ils tiennent cela de race, ou simplement, ils tiennent de race.
- Tenir quelque chose de son père et de sa mère, Leur ressembler en cette chose ; et absolument, Tenir de son père et de sa mère, Leur ressembler, soit par la figure et les manières, soit par les inclinations et par les moeurs. Il est timide et a l'air embarrassé, il tient cela de son père. Il tient beaucoup de son père, il en a tous les traits.
- Il a de qui tenir, se dit pareillement D'un enfant qui ressemble en quelque chose à son père ou à sa mère. Il est bien fait, il a de qui tenir. Il est brave, il a de qui tenir. Dans ces phrases, il s'emploie neutralement. C'est à peu près de même qu'on dit, Cette architecture tient du gothique ; ce style tient un peu du burlesque ; cet événement tient du prodige ; le mulet tient de l'âne et du cheval, etc. : alors Tenir signifie, Participer.
- TENIR, se dit quelquefois Des maladies tant du corps que de l'esprit, et Des différentes passions de l'âme dont on est comme possédé ou saisi. Il y a longtemps que ce mal-là le tient, que la fièvre le tient. Quand son accès le tient. Dès qu'une fois sa verve le tient. Sitôt que sa colère le tient, il n'est plus maître de lui. Sa belle humeur, sa mauvaise humeur le tient.
- Qu'a-t-il, qu'est-ce qui le tient ? Quel sujet, quelle raison a-t-il d'agir ainsi ? On dit de même, Je sais ce qui le tient.
- TENIR, signifie aussi, Occuper, remplir, en parlant De l'espace. Serrez-vous un peu, vous tenez trop de place. L'armée tenait deux lieues de pays. Une forêt qui tient dix lieues de long. Les épisodes tiennent la moitié de ce poëme.
- Tenir une maison, un appartement, Occuper une maison, un appartement, y loger. Il tient la maison tout entière. Il ne tient qu'un appartement. Il tient le premier étage, le second étage.
- Fig., Tenir lieu d'une personne, d'une chose, La remplacer, la suppléer. Vous m'avez tenu lieu de père. L'économie tient lieu de richesse.
- En termes de Guerre, Cette armée tient la campagne, Elle est en campagne, en état de s'opposer aux ennemis, ou d'entreprendre sur eux. Les ennemis n'oseraient tenir la campagne.
- En termes de Marine, Tenir la mer, Naviguer, courir en haute mer, loin des ports et des rades. Cette flotte tient la mer. Ce vaisseau a été fort endommagé dans le combat, il n'est plus en état de tenir la mer.
- Ce navire tient le vent, Il ne dérive pas, ou il dérive peu sous l'effort du vent.
- En termes de Pratique, Tenir prison, Demeurer en prison. Il fut ordonné qu'il tiendrait prison jusqu'à ce qu'il eût payé.
- Tenir le lit, tenir la chambre, Demeurer dans son lit, dans sa chambre. Il tient le lit depuis quelques jours. Il tient la chambre, parce qu'il est un peu incommodé.
- TENIR, se dit souvent en parlant De certains lieux que l'on occupe, de certaines choses dont on fait métier ou profession, pour l'utilité et la commodité du public. Tenir auberge. Tenir hôtellerie. Tenir chambre garnie. Tenir cabaret. Tenir boutique. Tenir banque. Tenir pension. Tenir école. Tenir académie. Tenir une académie d'équitation, de jeu, une académie pour les armes.
- Tenir table ouverte, Recevoir à sa table beaucoup de personnes, même des personnes qui n'ont pas été priées. Il tient table
- Absol., Tenir table, Donner habituellement à manger à ses amis, invités ou non.
- Tenir table, signifie aussi, Demeurer longtemps à table. Il y a deux heures qu'ils tiennent table.
- C'est lui qui tient la table, se dit De celui qui fait les honneurs d'une table chez les princes et les grands seigneurs, qui ordonne à ceux qui la servent.
- TENIR, se dit en parlant De l'ordre dans lequel les personnes ou les choses sont placées, du rang qu'elles occupent, soit en effet, soit dans l'opinion des hommes. Il faut que dans les corps, dans les compagnies, chacun tienne son rang. Les livres de philosophie tiennent tout le premier rang de ces tablettes. La libéralité tient le milieu entre la prodigalité et l'avarice. Tenir le premier rang. Tenir le haut bout, le haut du pavé.
- Fig., Tenir bien son rang, sa place, son poste, Occuper dignement l'emploi où l'on est, l'exercer avec dignité, avec capacité. On dit à peu près dans le même sens et familièrement, Tenir bien son coin.
- En termes de Musique, Tenir sa partie, Chanter ou jouer sa partie.
- Fig. et fam., Tenir bien sa partie, S'acquitter bien de ce qu'on doit, faire bien ce qu'on a à faire dans l'emploi qu'on remplit.
- TENIR, se dit en parlant Des assemblées, des fonctions publiques, soit ordinaires, soit extraordinaires, qui regardent le gouvernement et la politique d'un État. Le pape, après avoir tenu le concile... Le pape tenait consistoire. On tenait les états tous les ans en Languedoc. Les jours que le roi tient conseil. Le roi tenant son lit de justice. Quand le chancelier tenait le sceau. Les commissaires du roi tenaient les grands jours. Tenir les plaids. C'est tel président qui tient cette année la chambre des vacations. C'est dans cette salle-que l'Académie tient ses séances.
- Tenir chapelle. Voyez CHAPELLE.
- TENIR, signifie en outre, Mettre et garder en quelque lieu. Il tient son argent dans son cabinet. On ne sait où il tient son argent. Il faut tenir cela à la cave pour le conserver. Il tient tous ses papiers sous la clef. On a tenu cela trop longtemps enfermé. C'est un homme qu'on tient enfermé depuis longtemps. On le tient en prison, en chartre privée.
- Cet homme tient sa femme à la campagne, dans un couvent, Il l'oblige de demeurer à la campagne, dans un couvent. Il tient son fils dans un collége, au collége, Il l'a mis au collége, afin qu'il y étudie.
- Tenir des écoliers en pension, Les avoir en pension chez soi.
- Tenir quelqu'un chez soi, L'avoir chez soi. Puisque nous vous tenons ici, nous ne vous laisserons pas partir sitôt. Il signifie aussi, Loger quelqu'un chez soi, lui donner sa table.
- Ce prince tient un ambassadeur, un résident auprès de tel prince, dans telle cour, Il entretient un ambassadeur, un résident, etc.
- Tenir garnison dans une ville, Y entretenir une garnison.
- TENIR, signifie aussi, Maintenir, entretenir ; et alors il n'est guère usité que dans ces phrases : Tenir une chose en état, en bon état. En attendant que je revienne, tenez les choses en état, tenez tout en bon état.
- Tenir en exercice, en haleine, Exercer souvent. Voyez HALEINE.
- En termes de Manége, Tenir un cheval, Le maintenir dans les différents exercices auxquels on le soumet. Tenir un cheval en main, en bride, en talons.
- Fig. et fam., Tenir quelqu'un en bride, L'assujettir, l'arrêter, le conduire malgré lui.
- TENIR, signifie encore, Contenir, renfermer, ou Être susceptible de contenir, de renfermer. Cette grange peut tenir dix milliers de gerbes. Un muid doit tenir tant de pintes. Une bouteille qui tient chopine. Un verre qui tient demi-setier.
- Ce muid, ce seau, etc., tient bien l'eau, tient bien le vin, L'eau ou le vin qu'on y met ne s'enfuit point.
- TENIR, signifie quelquefois, Arrêter, fixer. Il est si vif, si remuant, qu'on ne le saurait tenir.
- Il signifie également, Réprimer, empêcher de faire, de dire. C'est un homme qui ne peut tenir sa langue. Quand il est une fois en train de parler, rien ne peut le tenir.
- Je ne sais qui me tient que je ne me fâche contre lui, que je ne lui rompe en visière, Je ne sais qui m'empêche, qui me retient.
- Il n'y a parenté, amitié, etc., qui tienne, Il n'y a aucune considération de parenté, d'amitié, etc., qui empêche que... Il n'y a crédit ni richesses qui tiennent ; je le condamnerai, s'il a tort.
- TENIR, s'emploie, dans le même sens, avec le pronom personnel. Il ne saurait se tenir de parler. Il ne se tiendra jamais de jouer. Il ne s'en peut tenir. Je ne pus me tenir de lui dire que cela n'était pas bien.
- Tenez-vous en repos, se dit À une personne qui importune par des gestes incommodes ou trop libres. On dit de même, familièrement, Tenez-vous, tenez-vous donc.
- TENIR, signifie aussi, Faire qu'une personne ou qu'une chose demeure dans un certain état, dans une certaine situation. Tenir les enfants dans un très-grand respect, les tenir dans une très-grande sujétion. Tenir les peuples dans le devoir. Tenir les esprits en suspens. Tenir les affaires en balance. Cet incident tient toute l'affaire en échec. Tenir quelqu'un en échec. Tenir l'équilibre entre deux partis, entre deux puissances. Cette nouvelle le tient alerte, le tient éveillé. Tenir sa maison propre. Tenir des enfants proprement vêtus. Cette femme tient bien ses enfants. Tenir une ville bloquée. Tenir une place assiégée. Tenir les portes fermées. Tenir les fenêtres ouvertes. Tenir les flambeaux allumés. Cela tient frais. Tenir les yeux ouverts. Tenir les yeux baissés. Tenir les mains jointes. Tenir la tête droite. Tenir la bride haute, la bride courte à un cheval.
- Cette place de guerre tient le pays en respect, tient le pays en crainte, Tout le pays est en quelque sorte sous sa domination, sous sa dépendance.
- Ce corps de troupes a tenu les ennemis en respect, Par le poste qu'il occupait, et par sa contenance, il les a empêchés de faire aucune entreprise.
- Cet emploi tient en sujétion, Il ne laisse guère de loisir, guère de temps libre.
- Tenez cela secret, Gardez le silence sur cela, n'en parlez point.
- Prov., Il nous a tenu le cas secret, Il a affecté de n'en point parler, il en a fait mystère.
- TENIR, signifie de plus, Occuper durant quelque temps. C'est une cérémonie qui est longue, elle vous tiendra longtemps. Il nous a tenus deux heures à ne rien faire. Je ne vous tiendrai guère. Cela m'a tenu plus que je ne pensais. Cet avocat tint toute l'audience.
- TENIR, signifie encore, Réputer, estimer, croire. Je tiens cela vrai, pour vrai, puisque vous le dites. Je tiens que cela a besoin d'explication. Je tiens ces deux opinions également soutenables. De ces deux étoffes, je tiens la première meilleure que l'autre, je tiens que la première est la plus belle, je tiens la première pour la plus belle. Je tiens ce fait pour constant, ce point pour démontré. Il tient pour constant, pour démontré que... Je tiens pour maxime que... Je tiens l'affaire faite à l'heure qu'il est. Je le tiens honnête homme, je le tiens pour honnête homme. C'est un homme que l'on tient ruiné, pour ruiné. Si vous me venez voir, je tiendrai cela à honneur. Il tient ce propos à injure.
- Il signifie aussi, Professer. Selon la loi, l'opinion, le dogme que nous tenons. Les maximes qu'ils tiennent sont opposées aux nôtres.
- TENIR, dans le sens de Réputer, s'emploie aussi avec le pronom personnel. Je me tiens heureux d'avoir pu vous servir en quelque chose. Dès qu'il apprit cela, il se tint perdu. Il ne se tient pas encore pour battu. Je me tiens pour satisfait.
- Je me le tiens pour dit, Il n'est pas besoin que vous m'en avertissiez davantage, que vous m'en fassiez davantage souvenir. On dit de même, Tenez-vous pour dit que.... Soyez assuré que.... ou Souvenez-vous que....
- TENIR actif, s'emploie dans plusieurs autres phrases qu'il serait difficile ou impossible de ramener aux sens déjà indiqués.
- Tenir un chemin, une route, Suivre un chemin, une route, aller par un chemin, par une route. Je l'ai rencontré, il tenait le chemin de Lyon. Quel chemin tiendrez-vous ? Il y a divers chemins à tenir.
- Fig., Tenir une bonne conduite, une mauvaise conduite, Se conduire bien, se conduire mal. Il tient une étrange conduite depuis quelque temps.
- Tenir le milieu dans une affaire, Prendre un tempérament, un expédient entre deux extrémités, entre deux choses opposées.