TOUT
TOUTE. adj.
- Qui comprend l'intégrité d'une chose considérée par rapport au nombre, à l'étendue, ou à l'intensité d'action. Tout l'univers. Tout le monde. Toute la terre. Tout le jour. Tous les hommes. Tous les animaux. Toutes les plantes. Tous les êtres créés. Tout le peuple y accourut. Tous les gens que voici. Toute sa famille est en bonne santé. Tous les parents y donnent les mains. Toutes les nations de la terre. Tous les habitants de la ville. Tous vinrent au-devant de lui. Il mit toutes les troupes en bataille. Il les a tous réunis. Tous tant que nous sommes. Tous ceux que j'ai vus. Se dévouer pour le salut de tous. Toute la somme est de tant. Cette somme est toute où vous l'avez laissée, on n'en a rien ôté. Toute la dépense monte à tant. Il y a mis tout son bien, tout son argent. Travailler de toutes ses forces. Employer tout son pouvoir, toute son industrie, tout son savoir, toute sa capacité à quelque chose. Il l'a servi de tout son crédit. Aimer Dieu de tout son coeur. Donner tout pouvoir à quelqu'un. Voilà tout ce que je sais. Tout cela est fort inquiétant. Il fut obligé de solliciter, d'avancer de l'argent, et de répondre pour eux, toutes choses fort désagréables. Je vous le dis une fois pour toutes.
- Ils sont tous étonnés, ils sont tous vivants, tous entiers, etc., Il n'y en a aucun parmi eux qui ne soit étonné, qui ne soit vivant, entier, etc. Voyez TOUT, adverbe.
- TOUT, s'emploie aussi dans la signification de Chaque ; et alors il n'est point suivi de l'article. Tout bien est désirable. Tout arbre qui ne porte point de fruit... Toute peine mérite salaire. Toute action qui n'a pas Dieu pour objet... Tout homme est sujet à la mort. Toute autre personne, toute autre chose lui conviendrait mieux. À tout propos. De tout point. En tout point. En toute occasion. À toute heure. À tout moment. De toute part. De toute sorte. Etc. On dit aussi, À tous moments, de toutes parts, de toutes sortes, etc.
- Tous deux, ou Tous les deux, L'un et l'autre. La première de ces locutions marque ordinairement simultanéité. Ils partirent tous deux, tous deux ensemble pour la ville. Tous les deux sont morts depuis long-temps. On dit de même, Tous trois, tous quatre, et Tous les trois, tous les quatre. Au delà de ce dernier nombre jusqu'a dix, on supprime rarement l'article ; et au delà de dix on l'emploie toujours. Tous les cinq, tous les six, etc. ; tous les seize, tous les vingt, etc.
- Tous les jours, tous les mois, tous les ans, Chaque jour, chaque mois, etc. ; Tous les deux jours, tous les trois jours, etc., tous les deux mois, tous les trois mois, etc., tous les deux ans, tous les trois ans, etc., De deux jours en deux jours, de trois jours en trois jours, de deux mois en deux mois, etc. Toutes les deux heures, toutes les vingt-quatre heures, etc., De deux heures en deux heures, de vingt-quatre heures en vingt-quatre heures, etc.
- Par tout pays, par toute terre, En quelque lieu que ce soit.
- Somme toute, Somme totale, toutes les sommes jointes ensemble ; et figurément, À tout prendre. Il est riche, il est jeune et assez bien fait ; mais, somme toute, c'est un pauvre homme.
- Aller, courir à toutes jambes, à toute bride, Aller, courir fort vite.
- Être à toutes mains, Se prêter à tout, être propre à tout. On dit de même, Un homme à toutes mains.
- Prendre de toutes mains, Prendre de tous côtés, acquérir par toutes sortes de voies, justes ou injustes.
- Se faire tout à tous, S'accommoder à toutes les opinions, à tous les caractères.
- Fam., Ce sont toutes fables que ce que vous contez là, ce sont tous contes à dormir, ce sont toutes visions, etc., Ce ne sont que des fables, que des contes, que des visions, etc.
- À tout hasard. Locution dont on se sert Pour marquer qu'on veut courir le risque de tout ce qui peut arriver.
- À toute force, Par toutes sortes de moyens. Il veut à toute force venir à bout de son entreprise. Il signifie aussi, À la rigueur, absolument parlant. On pourrait à toute force lui accorder ce qu'il demande.
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TOUT
s. m.
- Une chose qui a des parties, considérée en son entier. Le tout est plus grand qu'une de ses parties. Diviser un tout en plusieurs parties. Je ne veux point diviser cela par pièces, prenez le tout si vous voulez. Il vous cédera le tout. Au pluriel, il conserve le t. Plusieurs touts distincts les uns des autres.
- Il s'emploie souvent sans être précédé de l'article. Tout est bon dans cet ouvrage. Il veut tout avoir. Tout ou rien. Il joue à tout perdre. Est-ce là tout ? Avez-vous tout dit ? Non, ce n'est pas tout. Il y a tout à parier que...
- Il y a de la différence, une différence du tout au tout, se dit De deux choses que quelqu'un compare ensemble, et qui diffèrent extrêmement l'une de l'autre.
- Mettre, risquer, jouer le tout pour le tout, Hasarder de tout perdre pour tout gagner.
- Au Jeu de brelan, Va-tout, faire va-tout, faire un va-tout, se dit Lorsqu'on hasarde en un seul coup tout l'argent qu'on a devant soi.
- Fam., C'est un bon homme, et puis c'est tout, Il n'a que de la bonté, ce n'est qu'un bon homme.
- Ce n'est pas tout, ce n'est pas le tout, Ce n'est pas assez, il ne suffit pas. Ce n'est pas tout que d'avoir la foi, il faut faire de bonnes oeuvres. Ce n'est pas le tout d'être assidu, il faut de plus... Ce n'est pas tout, ce n'est pas encore tout, il faut que vous alliez là.
- TOUT, sans l'article, signifie particulièrement, Toutes choses, toutes sortes de choses. C'est un homme qui se met à tout. C'est un homme à tout faire, un homme capable de tout. Il peut tout auprès du prince. Tout bien considéré... Tout n'est pas désespéré. Il veut parler sur tout, se mêler de tout. Il dit que tout va bien. C'est à vous que je dois tout.
- Il se prend quelquefois pour Tout le monde, tout ce qu'il y a de gens, de personnes. Femmes, enfants, vieillards, tout fut massacré. Le peuple et l'armée, tout était consterné. Tout fuyait, lui seul osa résister. Tout s'arma pour le défendre.
- Fam., Se faire à tout, se prêter à tout, S'habituer, se prêter aux usages, aux convenances, etc., suivant les temps, les lieux et les personnes.
- Fam., Tout compté, tout rabattu, ou Tout bien compté et rabattu, Tout étant bien examiné, toutes compensations faites. Tout compté, tout rabattu, il me doit encore mille francs. Tout compté, tout rabattu, l'un vaut bien l'autre.
- LE TOUT, est aussi Une façon de parler dont on se sert après l'énumération de plusieurs choses, pour les joindre toutes ensemble. Il a fait telle et telle chose, le tout pour parvenir à son but. Le tout monte à tant.
- Le tout ensemble, Ce qui résulte de l'assemblage de plusieurs parties formant un tout. Il y a une ou deux scènes, quelques beaux vers dans cette pièce, mais le tout ensemble n'en vaut rien. Il y a des défauts dans ce tableau, mais le tout ensemble en est agréable.
- LE TOUT, signifie encore, Tout ce qu'il y a de principal, de plus important dans une chose. C'est quelque chose de bien commencer, mais le tout est de bien finir.
- Il en fait son tout, Il l'aime uniquement. Cela ne se dit qu'en parlant Des personnes. Il n'a d'yeux que pour cet enfant, il en fait son tout. On dit quelquefois de même, C'est son Dieu, c'est son tout.
- En termes de Blason, Sur le tout, se dit en parlant D'un écusson mis sur les quartiers. Il porte écartelé de... et de... et sur le tout de... On dit aussi, Sur le tout du tout, en parlant D'un écusson posé sur les quartiers de l'écu qu'on dit être sur le tout. Brochant sur le tout, se dit en parlant D'une pièce qui paraît tout entière sur les autres pièces de l'écu. Il portait semé de France au bâton de gueules brochant sur le tout.
- TOUT, au Jeu, signifie, La troisième partie qui se joue après qu'un des deux joueurs a perdu partie et revanche, et ou l'on joue autant d'argent que l'on en a joué dans les deux premières parties ensemble. Jouer le tout. Jouer partie, revanche et le tout. Perdre le tout. Gagner le tout. Donner le tout. Prendre le tout. Prendre son tout.
- Le tout du tout, La partie qui se joue après que la même personne a perdu partie, revanche et le tout, et dans laquelle on joue autant d'argent que l'on en a joué dans les trois parties précédentes. Donner, prendre, perdre, gagner le tout du tout. Il se piqua, et voulut prendre le tout du tout. Ils en sont au tout du tout.
- À TOUT. loc. adv. propre à certains Jeux de cartes, et qui se dit en parlant De la couleur qui emporte toutes les autres. Il faut faire à tout. Jouer à tout. Jouer deux fois à tout.
- On en fait aussi un seul mot, Atout ; et alors il s'emploie comme substantif masculin. Jouer un atout. J'ai deux atouts.
- À TOUT PRENDRE. loc. adv. À considérer tout l'ensemble des qualités d'une personne ou d'une chose, tout ce qu'elle a de bien et de mal. Cette maison a ses défauts ; mais, à tout prendre, elle est belle et commode. À tout prendre, Louis XI était un roi.
- APRÈS TOUT. loc. adv. Dans le fond, tout bien considéré. Vos raisons sont spécieuses ; mais, après tout, le parti que vous proposez pourrait avoir de fâcheux résultats.
- SUR-TOUT. loc. adv. Voyez SURTOUT.
- DU TOUT. loc. adv. qui se joint avec Rien, point, pas, pour rendre la négative plus forte, et signifie, En aucune façon, nullement, absolument rien, non. Il n'aura rien du tout. Je n'en veux point du tout. Vous me donnerez cela ? Point du tout. Vous croyez peut-être qu'il fit des excuses ? pas du tout. Quand ces locutions servent de réponse, on dit quelquefois Du tout, elliptiquement. Ferez-vous cela ? Du tout.
- EN TOUT. loc. adv. On s'en sert pour supputer, pour compter ; et il signifie, Sans rien omettre, tout étant compris. Cela lui revient en tout à mille francs. Cela fait cent écus en tout.
- Fam., En tout et par tout, Entièrement. Je suis de votre avis en tout et par tout. Voyez PARTOUT.
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TOUT
adv.
- Entièrement, complétement, sans exception, sans réserve. Je suis tout à vous. Il est tout dévoué à votre service. Il est tout en Dieu. Ils furent tout étonnés. Il est tout autre que vous ne l'avez vu. C'est maintenant tout un autre homme, ou mieux un tout autre homme. Il est tout malade. Ces fruits sont tout autres que les premiers. Les chevaux de ce poil-là sont ordinairement tout bons ou tout mauvais. Du vin tout pur. Ces vins-là veulent être bus tout purs. C'est un enfant tout plein d'esprit. Ce sont des enfants tout pleins d'esprit. Ce sont des gens tout pleins de coeur. C'est tout le même homme que vous avez connu. Il est difficile de prendre ces animaux tout vivants. Bien des gens s'y tromperaient, et vous tout le premier.
- TOUT adverbe, étant mis immédiatement devant un adjectif féminin qui commence par une consonne ou une H aspirée, reçoit le genre et le nombre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte. Elle est toute malade. Elles furent toutes surprises de le voir. Des femmes toutes pénétrées de douleur. De l'eau-de-vie toute pure. C'est une femme toute pleine de coeur. Elle en est toute honteuse. C'est toute la même chose. Mais devant les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou une H non aspirée, Tout redevient invariable. Sa maison est tout autre qu'elle n'était. Un chien qui a les oreilles tout écorchées. Avoir les mains tout emportées. Des femmes tout éplorées. Elle est tout absorbée dans ses réflexions.
- Il y a néanmoins certains cas où Tout, placé devant un adjectif féminin singulier, commençant par une voyelle ou une H non aspirée, reçoit également le genre du nom ou du pronom auquel cet adjectif se rapporte, et redevient lui-même un véritable adjectif : c'est lorsqu'il sert moins a exprimer une sorte d'excès ou d'intensité, qu'à désigner l'ensemble, la totalité des différentes parties d'une chose. La forêt lui parut toute enflammée. Au langage près, la comédie, chez les Romains, fut toute athénienne. Souvent l'adjectif féminin est remplacé par une expression équivalente ; on observe alors la même distinction. Ainsi dans les phrases qui suivent, on emploie tout adverbe, parce qu'il s'agit d'exprimer l'excès, l'intensité : Elle était tout en larmes, Elle pleurait beaucoup, excessivement ; Elle est tout à son devoir, Elle est entièrement occupée de son devoir. Au contraire, dans les deux suivantes, on emploie l'adjectif toute, parce qu'on veut exprimer la totalité. La maison était toute en feu, Toute la maison brûlait. Cette maison est toute à lui, Il n'y a aucune partie de cette maison qui ne lui appartienne.
- Il faut aussi distinguer entre ces deux locutions : C'est tout autre chose, et Demandez-moi toute autre chose. Dans la première, tout est adverbe et signifie Entièrement, tout à fait ; il doit s'écrire, tout. Dans la seconde, toute est adjectif : Demandez-moi toute chose autre que celle que vous me demandez ; et il faut écrire, toute.
- Si une femme écrit, Je suis tout à vous, c'est une expression de politesse, qui signifie : Je suis entièrement à vous ; je suis toute disposée à vous rendre service. Mais si elle écrit, Je suis toute à vous, c'est une expression de tendresse qui veut dire, Je vous consacre ma vie, mon existence entière.
- On écrivait et l'on imprimait autrefois Toute devant les adjectifs féminins, commençant par une voyelle ou par une H non aspirée. Elle était toute inquiète, toute alarmée. Ce succès l'a rendue toute heureuse. C'est Vénus toute entière à sa proie attachée. Quelques personnes suivent encore cette ancienne orthographe.
- Dans Tout entier, employé comme une seule expression, Tout reste invariable, soit qu'on veuille indiquer la totalité ou l'intensité de quelque chose. Ce pâté, ce pain est encore tout entier. Les grands hommes ne meurent pas tout entiers. Une heure tout entière s'écoula. Des masses tout entières de rochers se sont détachées de la montagne. Cette femme est tout entière à ce qu'elle fait. Voyez TOUT adjectif.
- TOUT, reste également invariable dans les locutions, Tout coeur, tout esprit, tout zèle, etc., Plein de coeur, plein d'esprit, plein de zèle, etc. C'est une femme qui est tout coeur. Ce sont des gens qui sont tout coeur, tout esprit. Elle est, pour ses amis, tout zèle, tout dévouement. On dit de même, Être tout oeil et tout oreille, tout yeux et tout oreilles, Regarder et écouter attentivement. Elles étaient tout yeux et tout oreilles.
- Fam., Cet enfant est tout le portrait de son père, Il lui ressemble parfaitement.
- TOUT, se joint avec plusieurs prépositions ou adverbes, et avec plusieurs locutions, pour leur donner plus d'énergie. Il le lui dit tout froidement. Tout doucement. Parler tout haut, tout bas. Je vous le dis tout franc, tout net. Tout au moins. Tout du moins. Tout autant. Tout aussi bien que lui. Tout ainsi que. Tout comme vous voudrez. C'est tout au plus. Tout de son long. Tout le long. Tout au long. Tout de suite. Tout droit. Tout de travers. Tout court. Tout en haut. Tout en bas. Tout à côté. Tout contre. Tout auprès. Tout au travers du corps. Tout autour. Etc.
- Il sert même à former certaines locutions dont on ne peut le retrancher sans détruire ou altérer le sens. Tout à coup. Tout d'un coup. Tout à fait. Tout de go. Tout du long. Tout à l'heure. Tout de bon. Tout beau. Tout doux. Voyez COUP, FAIT, ETC.
- Fam., Ce que vous dites là sont tout autant de fables, sont tout autant de visions, Les choses que vous nous dites ne sont que des fables, des visions.
- Fam., C'est tout un, Cela revient au même, cela est égal. On dit proverbialement, C'est tout un, mais ce n'est pas de même, Cela revient au même, quoique ce ne soit pas la même chose.
- TOUT adverbe, s'emploie aussi avec toutes sortes d'adjectifs, et même avec certains substantifs, dans la signification de Quoique, encore que, ou de Quelque. En ce sens, il prend l'accord devant les adjectifs féminins qui commencent par une consonne ou une H aspirée. Tout sage qu'il est. Tout votre ami qu'il est. Tout blessé qu'il était. Tout habiles et tout artificieux qu'ils sont. Ces hardes sont usées ; mais, tout usées qu'elles sont, elles peuvent encore servir. Tout ingrate qu'elle est. Toute femme qu'elle est. Toutes raisonnables qu'elles sont... On dit à peu près de même, Tout en riant, tout en plaisantant, tout en murmurant, etc., Bien que ce soit, que ce fût en riant, en plaisantant, etc. Il lui dit ses vérités tout en riant. Il sortit tout en grondant.
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