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Définition(s) du mot étranger

ÈRE. adj.
  Qui est d'une autre nation, qui appartient, qui a rapport à une autre nation. Coutumes, lois étrangères. Les gouvernements étrangers. La guerre civile et la guerre étrangère. Langue étrangère. Accent étranger. Plante étrangère. Climats, pays étrangers. Il a l'air étranger. Princes étrangers. Les puissances étrangères. Les ministres étrangers résidant à Paris. On dit de même : Les nations étrangères. Un peuple étranger.
  Ministre des affaires étrangères, Ministre qui entretient les relations de l'État avec les gouvernements étrangers, et qu'on appelle aussi Ministre des relations extérieures. On dit dans un sens analogue, Le ministère, le département des affaires étrangères.
  Fig., Être étranger dans son pays, Ne point en connaître les usages, ou Ignorer ce qui s'y passe, n'y prendre aucun intérêt. N'être étranger nulle part, Avoir ce qu'il faut pour ne se trouver embarrassé nulle part, ou pour être bien vu, bien accueilli partout. Cet homme sait presque toutes les langues de l'Europe, il n'est étranger nulle part. Avec une telle célébrité, on n'est étranger nulle part.
  ÉTRANGER, signifie par extension, Qui ne se mêle point d'une chose, d'une affaire, qui n'y a point de part. Je suis tout à fait étranger à cela, à cette affaire, à cette intrigue. Il resta toujours étranger à ce qui se passait, aux mesures qui furent prises.
  Être étranger à une science, à un art, etc., N'en avoir aucune notion, aucune connaissance. Les personnes les plus étrangères à la peinture sentent les beautés de ce tableau. Cet homme est absolument étranger à la musique, à la chimie, etc.
  Être étranger à une compagnie, à une famille, etc., N'en pas faire partie. Les personnes étrangères à l'association, à la famille.
  ÉTRANGER, se dit également De ce qui ne concerne point une personne, ou De l'art, de la science, etc., qu'elle ignore. Ces considérations me sont tout à fait étrangères. La musique, la chimie lui est entièrement étrangère.
  Il se dit encore De ce qui n'a aucun rapport ou aucune conformité avec la chose dont il s'agit. Un fait étranger à la cause. Une dissertation étrangère au sujet. Avoir des habitudes étrangères à toute espèce d'intrigue.
  Il se dit aussi De ce qui n'est pas naturel ou propre à une personne, à une chose. Une femme qui emprunte des charmes étrangers. Il se targue d'un mérite qui lui est étranger. Une force étrangère met ces corps en mouvement.
  Il se dit pareillement Des choses qui ne sont pas de même nature que le corps auquel elles sont unies, alliées. De l'argent combiné avec des substances, des matières étrangères.
  En Chirur. et en Médec., Corps étranger, Toute chose qui se trouve contre nature dans le corps de l'homme ou de l'animal, soit qu'elle vienne de dehors, comme des morceaux de bois, de plomb, de linge, de drap, soit qu'elle y ait été engendrée ou formée. Il ne peut guérir tant que ce corps étranger n'aura pas été retiré de sa plaie. Les vers qui s'engendrent dans les abcès, le sable qui se forme dans les reins, les esquilles d'os, sont des corps étrangers. Les plaies se rouvrent quand il y est resté des corps étrangers.
  ÉTRANGER, ÈRE, s'emploie souvent comme substantif, et se dit d'Une personne qui n'est pas du pays où elle se trouve. C'est un étranger. Il a épousé une étrangère. Accueillir les étrangers. Les étrangers sont bien reçus en France. Il ne faut repousser ni le pauvre ni l'étranger.
  Il signifie aussi, Celui, celle qui n'est pas d'une famille, d'une compagnie, etc. Il a donné son bien à un étranger pour l'ôter à ses parents. Il repousse toute sa famille, et ne voit que des étrangers. Il ne faut pas communiquer les secrets de la compagnie à des étrangers. Nous voulons rester entre nous, ne laissez entrer aucun étranger.
  Il se prend quelquefois absolument, et désigne alors, Le pays étranger. Faire passer des marchandises à l'étranger. Les ouvrages français qui s'impriment à l'étranger. Passer à l'étranger, S'expatrier. On ne l'emploie guère que dans ces sortes de phrases.
v. a.
  Chasser d'un lieu, faire éloigner d'un lieu, désaccoutumer d'y venir. Les rats, les moineaux ont étrangé les pigeons du colombier. Étranger le gibier d'un pays. Il a tant fait la chasse aux loups, qu'il les a étrangés de ce pays-là.
  Il ne se dit en parlant Des personnes que dans le langage familier. Il a su étranger les importuns qui venaient chez lui. Cet aubergiste est si cher, qu'il a étrangé toutes ses pratiques.
  Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. Le gibier s'est étrangé de cette plaine. Ce verbe a vieilli.
  ÉTRANGÉ, ÉE.